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Je viens de voir au cinéma le dernier film du réalisateur,  de Scott Cooper,  "Hostiles"   et avec  les acteurs Christian Bale et  Rosamund Pike.

 

Très rapidement, dès les premières minutes du film, on constate à quel point des Amérindiens ou indiens d'Amérique attaquent de façon barbare une pauvre famille de colons en massacrant homme, femme et enfants... En réalité, la femme sera la seule survivante, seul témoin de la sauvagerie indienne.

 

L'entrée en matière est déjà pour le moins extrêmement orientée.

 

La suite du film aurait pu laisser espérer un rééquilibrage dans la sauvagerie ; mais que nenni ;  bien au contraire, la sauvagerie du colon franco-anglais, venu voler les terres d'un peuple, le martyriser, se réduit à quelques images bien policées, d'indiens que l'on jette dans une prison.

 

Déjà la tonalité est donnée ; d'un côté la sauvagerie totale, de l'autre un semblant de justice puisque les sauvages sont seulement mis en prison.

 

Je vais vous épargner le caractère larmoyant, pétri de bons sentiments, d'un militaire extrémiste face à la sauvagerie indienne, qui finit par observer que tous ne sont pas des sauvages. Je vais vous épargner la séance du « nègre d'intérieur » qui sauve son maître blanc, pendant une attaque de comanches toujours aussi sauvage.

 

En revanche, l'indien soumis qui accepte docilement, d'être réduit à l'esclavage dans un camp que l'on appelle réserve indienne, fini par expliquer à son maître blanc que les comanches sont des crotales, sauvages sans limites qui n'hésitent pas à exterminer leurs malheureuses, victimes que sont ces bons colons blancs.

 

On est très loin du magistral film "The Little Big Man" d’Arthur Penn de 1970, interprété par l'excellent Dustin Hoffman. La barbarie des soldats venus, d’Europe, est évidente dans ce film.

 

Dans cette ersatz de cinéma « cowboy » qu’est Hostiles, la scène de clôture est tout aussi pitoyable de paternalisme, mais nous sommes rassurés car en 2018, Le Gentil Colon a toujours sa place dans le cœur des décérébrés, qui s'imaginent qu'un génocide peut se justifier.

 

Maintenant pour rétablir un peu de vérité ; les nobles comanches qui ont eu le courage d'affronter la barbarie franco-anglaise et espagnole, avant d'être à leur tour exterminés, on sut résister puis négocier avec ces peuples fourbes qui n'ont jamais connu le concept de l'honneur et de la parole donnée.

 

La conséquence de cette inutile négociation, c'est qu'au démarrage, c'était un peuple de 20 millions d'individus et qu'au final, après une extermination totale conduite par des guerres puis par des épidémies organisées et planifiée par les colons, il restait moins de 15 000 survivants.

 

La méthode d'extermination utilisée, c'était d'abord un bombardement massif à l'artillerie et au fusil, ensuite les populations ont été affamées en exterminant la totalité des bisons qui permettaient aux comanches de subsister. Et enfin, pour la première fois de l'histoire de l'humanité, on utilisa "la guerre bactériologique" en introduisant, dans les populations indiennes, la peste, le choléra, la rubéole et toutes sortes de virus que ce continent n'avait jamais connu.

 

Conséquence de quoi, "le Gentil colon" dépeint dans ce film courageux, comme un bon petit gars sympa, face aux « crotales comanches » fourbes comme de bien entendu ; ce gentil colon donc, a pu exercer un génocide sur 20 millions d'individus, hommes, femmes et enfants.

 

Oui, le cinéma de propagande existe; oui le cinéma de faux sentiments est exalté aujourd'hui; mais surtout oui, le révisionnisme historique distillé de façon insidieuse est capable de nous faire oublier à quel point les français, anglais, portugais et espagnols, ont assassiné sur le continent américain plus de 100 million d'individus sur l'autel de leur seul désir de spoliation et d'enrichissement personnel.

 

 

Il va sans dire que je vous conseille vivement d'aller voir ce dernier « film poubelle », pour vous faire une idée de la fourberie de ce réalisateur américain descendant de Colons.

 

À ce prix j'aurais dû aller voir le dernier film d'animation sur les chiens : « L'île aux chiens » !

 

Quitte à voir des chiens autant qu'il soient sympas.

 

Gamal Abina.cadre_2018__copie