Diffamation publique !
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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE 2027PORTRAIT POLITIQUE N° 07 : JUAN BRANCO
De la formation des élites à la dénonciation des oligarchies, le parcours d'un avocat qui entend transformer radicalement les institutions françaises.
Portrait politique et biographique par Gamal Abina
Juan Branco est né le 26 août 1989 à Estepona, en Andalousie, dans le sud de l'Espagne. Âgé de 37 ans en octobre 2026, il possède les nationalités française et espagnole. Avocat, docteur en droit, essayiste, militant politique et réalisateur, il s'est fait connaître du grand public par ses interventions contre les institutions françaises, ses prises de position en faveur de Julian Assange et son ouvrage Crépuscule, publié en 2019. Il est le fils de Paulo Branco, producteur de cinéma portugais, et de Dolores López, psychanalyste espagnole. Son enfance se déroule dans un environnement culturel privilégié, entre l'Andalousie et Paris, au contact du monde du cinéma, de la littérature et de la création artistique. Son père, Paulo Branco, a travaillé avec de nombreux cinéastes européens, ce qui permet à Juan Branco de grandir dans un milieu où les personnalités du spectacle, les intellectuels et les artistes occupent une place importante.
Après une partie de sa scolarité dans des établissements parisiens, il fréquente l'École alsacienne, établissement privé réputé du sixième arrondissement de Paris, connu pour accueillir des enfants issus de familles appartenant aux milieux économiques, politiques et culturels favorisés. Il y côtoie notamment Gabriel Attal, futur Premier ministre, avec lequel il entretiendra ultérieurement des relations particulièrement conflictuelles. En 2007, Juan Branco intègre l'Institut d'études politiques de Paris, Sciences Po, l'un des principaux établissements français de formation aux carrières administratives, diplomatiques et politiques. Il poursuit parallèlement un cursus universitaire dans plusieurs disciplines, notamment la littérature, la philosophie politique, la géopolitique et le droit. Il étudie également à l'École normale supérieure, qu'il intègre par la voie universitaire, et obtient plusieurs diplômes de l'enseignement supérieur.
Son parcours universitaire comprend notamment une formation en littérature moderne à l'université Paris IV, en philosophie politique, en géopolitique à l'université Paris I Panthéon-Sorbonne et en affaires publiques à Sciences Po. Il s'oriente progressivement vers le droit international pénal et consacre ses recherches au fonctionnement de la Cour pénale internationale. En 2014, il soutient une thèse de doctorat intitulée De l'affaire Katanga au contrat social global : un regard sur la Cour pénale internationale. Ses travaux universitaires portent sur les fondements juridiques de la justice pénale internationale, les rapports entre souveraineté et droit international et les conditions dans lesquelles une juridiction internationale peut exercer son autorité. Il mène également des activités de recherche et d'enseignement dans plusieurs institutions universitaires internationales, notamment à Yale, à l'Institut Max-Planck et à l'université La Sapienza de Rome.
En 2017, il prête serment et devient avocat au barreau de Paris. Son parcours professionnel l'amène à intervenir dans des dossiers concernant les libertés publiques, les droits fondamentaux, les relations internationales et des affaires judiciaires particulièrement médiatisées. Il développe parallèlement une activité éditoriale importante, publiant des ouvrages consacrés au pouvoir politique, aux institutions, aux réseaux d'influence et à la démocratie. Son livre Crépuscule, publié en 2019, constitue une étape majeure dans sa notoriété. Dans cet ouvrage, il développe une critique de l'ascension d'Emmanuel Macron et des relations entre les responsables politiques, les milieux économiques, les médias et certaines institutions de la République. Le livre connaît une importante diffusion et contribue à installer Juan Branco dans le débat public comme une figure de la contestation du pouvoir présidentiel.
Son parcours présente ainsi une particularité importante : formé dans plusieurs institutions prestigieuses, il développe progressivement un discours politique dirigé contre les mécanismes de reproduction des élites et la concentration du pouvoir. Cette contradiction apparente entre ses origines sociales, sa formation et ses engagements constitue l'un des principaux sujets de débat autour de sa personnalité.
L'identité politique de Juan Branco ne correspond pas exactement aux classifications partisanes traditionnelles. Bien qu'il ait participé à différentes initiatives de gauche et collaboré avec plusieurs responsables politiques, il revendique une démarche qui dépasse les organisations classiques et s'appuie principalement sur la critique des institutions et de la concentration du pouvoir. Son discours repose sur l'idée que la démocratie représentative française serait progressivement devenue un système dans lequel une minorité de responsables politiques, de dirigeants économiques et de personnalités médiatiques disposerait d'une influence disproportionnée sur les décisions collectives. Il emploie régulièrement les notions d'oligarchie, de confiscation démocratique et de reproduction sociale pour décrire cette organisation du pouvoir.
Selon son analyse, les institutions françaises favoriseraient la continuité des mêmes groupes dirigeants, indépendamment des alternances électorales. Il considère que les grandes écoles, les réseaux professionnels, les médias et certaines structures économiques contribuent à la formation d'un espace social relativement fermé, dans lequel les responsabilités publiques circulent entre des individus issus de milieux comparables. Cette analyse occupe une place centrale dans ses ouvrages et ses interventions.
Juan Branco défend une transformation institutionnelle profonde, fondée sur un renforcement de la souveraineté populaire et une remise en cause de la concentration des pouvoirs. Il se prononce notamment en faveur de mécanismes de démocratie directe, parmi lesquels le référendum d'initiative citoyenne et la possibilité de révoquer certains responsables élus. Il considère que la représentation politique ne devrait pas se limiter à l'organisation périodique d'élections, mais permettre aux citoyens d'intervenir directement dans les décisions publiques. Son discours rejoint sur plusieurs points les revendications apparues lors du mouvement des Gilets jaunes, particulièrement celles concernant le référendum d'initiative citoyenne, la justice fiscale et la représentation démocratique.
Sur le plan économique, il critique la concentration des richesses et les relations entre les grands intérêts privés et les responsables publics. Il dénonce notamment les situations dans lesquelles les décisions politiques pourraient favoriser certains groupes économiques au détriment de l'intérêt général. Sa pensée politique accorde également une place importante à la souveraineté nationale, qu'il associe à la capacité d'un peuple à déterminer librement son organisation institutionnelle, économique et sociale. Il défend une conception de la souveraineté qui ne se limite pas à l'indépendance territoriale, mais comprend également le contrôle démocratique des institutions et des choix économiques.
Sur les questions internationales, son parcours de juriste influence fortement ses positions. Il s'intéresse notamment à la justice pénale internationale, aux conflits armés, aux mécanismes de responsabilité des États et aux conditions d'application du droit international. Son engagement auprès de WikiLeaks et de Julian Assange s'inscrit dans une défense de la liberté d'information et dans une critique du secret entourant certaines activités gouvernementales. Il considère que l'accès aux informations concernant l'action des pouvoirs publics constitue un élément essentiel du contrôle démocratique. Cette conception l'amène à soutenir la protection des lanceurs d'alerte et à critiquer les mécanismes de surveillance ou de répression qu'il estime incompatibles avec les libertés fondamentales.
Sur le plan politique, Juan Branco se distingue des formations communistes traditionnelles et des organisations trotskistes. Il ne construit pas principalement son discours autour de la lutte des classes au sens marxiste classique, même si sa critique des rapports économiques et de la domination sociale présente certaines convergences avec les traditions de gauche radicale. Sa démarche privilégie davantage la dénonciation des structures de pouvoir, la transformation institutionnelle et la mobilisation populaire. Il se distingue également de la social-démocratie traditionnelle, dont il critique les compromis avec les structures économiques et institutionnelles existantes.
Ses adversaires lui reprochent cependant une personnalisation excessive des conflits politiques, une rhétorique parfois provocatrice et une manière de présenter les réseaux d'influence qui peut conduire à des interprétations contestées. Ses soutiens considèrent, au contraire, que ses analyses permettent de rendre visibles des mécanismes de pouvoir insuffisamment débattus dans l'espace public. Cette opposition entre ses partisans et ses détracteurs accompagne une grande partie de son parcours.
Dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, Juan Branco défend un projet de rupture institutionnelle, avec l'ambition affichée de modifier profondément les rapports entre citoyens et représentants politiques.
L'engagement public de Juan Branco commence à la fin des années 2000, alors qu'il poursuit ses études supérieures. Il participe notamment aux mobilisations contre la loi Hadopi, adoptée dans le cadre de la lutte contre le téléchargement illégal sur internet. Il critique les mécanismes de surveillance et de sanction associés à cette législation, qu'il considère comme une réponse inadaptée aux transformations des pratiques culturelles et numériques. Il défend une réflexion sur les droits d'auteur, la circulation des œuvres et les libertés individuelles dans l'environnement numérique. Cette mobilisation constitue l'une de ses premières expériences d'engagement politique public.
À cette époque, il fréquente également différents mouvements et responsables politiques, notamment les Jeunes Verts et l'entourage de Dominique de Villepin. Il participe à des initiatives cherchant à renouveler les pratiques politiques et à remettre en question les organisations partisanes traditionnelles. En 2012, il intervient dans l'environnement de la campagne présidentielle de François Hollande, notamment sur les questions culturelles. Cette expérience lui permet d'observer de près le fonctionnement d'une campagne présidentielle et les relations entre les équipes politiques, les institutions et les milieux culturels.
Parallèlement, il développe son activité dans le domaine du droit international. Il travaille auprès de la Cour pénale internationale et participe à différentes activités juridiques et universitaires. Il rejoint également l'environnement juridique de WikiLeaks et de Julian Assange. Son engagement auprès de l'organisation fondée par Assange contribue à renforcer son intérêt pour la liberté d'information, les secrets d'État et les rapports entre les institutions publiques et les médias. Il participe à des démarches juridiques concernant la situation de Julian Assange, dont les procédures judiciaires suscitent alors d'importants débats internationaux sur la liberté de la presse et la protection des sources. Cette expérience constitue une étape importante dans sa construction politique.
En 2017, Juan Branco devient avocat et s'engage dans plusieurs dossiers médiatisés. La même année, il se présente aux élections législatives dans la douzième circonscription de Seine-Saint-Denis avec le soutien de La France insoumise. Il obtient environ 13,9 % des suffrages exprimés au premier tour et ne se qualifie pas pour le second tour. Cette candidature représente sa première expérience électorale nationale significative. Elle intervient dans le contexte de la recomposition de la gauche autour de Jean-Luc Mélenchon et de la création de La France insoumise. Juan Branco entretient alors des relations avec plusieurs personnalités de ce mouvement, même s'il ne s'inscrit pas durablement dans son organisation.
En 2018, le mouvement des Gilets jaunes marque une nouvelle étape dans son engagement. Il soutient plusieurs revendications du mouvement et intervient dans le débat public sur les violences policières, la représentation politique et les mécanismes de démocratie directe. Il assure également la défense de certaines personnalités associées aux Gilets jaunes. Son engagement auprès de ce mouvement contribue à accroître sa visibilité médiatique et numérique.
En 2019, il publie Crépuscule, ouvrage consacré à la critique du pouvoir d'Emmanuel Macron et des réseaux d'influence qui auraient accompagné son ascension politique. Le livre rencontre un succès important et provoque de nombreuses réactions. Certains lecteurs y voient une dénonciation documentée des relations entre les élites politiques, économiques et médiatiques. D'autres contestent sa méthode, certaines interprétations et la place accordée aux relations personnelles dans son analyse. Quoi qu'il en soit, cette publication installe Juan Branco parmi les essayistes les plus présents dans les débats consacrés au pouvoir présidentiel.
Il poursuit ensuite ses activités d'écriture avec plusieurs ouvrages, notamment La République ne vous appartient pas, Abattre l'ennemi, Treize pillards et Coup d'État. Ces publications développent différentes dimensions de sa critique politique, depuis les institutions jusqu'aux mécanismes économiques et aux stratégies de transformation du pouvoir.
Son activité d'avocat le conduit également à intervenir dans des affaires internationales. Il participe notamment à la défense de l'opposant sénégalais Ousmane Sonko, dont les démêlés judiciaires et politiques suscitent une importante mobilisation au Sénégal. En 2023, Juan Branco se rend au Sénégal dans un contexte de fortes tensions politiques. Il est arrêté puis expulsé du territoire sénégalais, épisode qui connaît un retentissement médiatique important. Cette affaire contribue à renforcer sa visibilité internationale.
Son parcours judiciaire et professionnel comporte également plusieurs controverses. Il a notamment été mis en examen dans une affaire de viol, accusation qu'il conteste. Une mise en examen ne constitue pas une déclaration de culpabilité et doit être distinguée d'une condamnation définitive. Il a également fait l'objet de procédures disciplinaires dans le cadre de son activité d'avocat, notamment à propos du respect du secret de l'instruction. Ces épisodes ont alimenté les débats concernant ses méthodes professionnelles et son comportement public. Ils doivent cependant être distingués de ses prises de position politiques et de son activité éditoriale.
En 2024, Juan Branco participe au développement du mouvement Les Ruches, organisation présentée comme une structure citoyenne décentralisée destinée à favoriser l'engagement politique en dehors des partis traditionnels. Ce projet entend permettre la constitution de groupes locaux, la participation directe des citoyens et l'élaboration de propositions politiques. Il s'inscrit dans une démarche visant à construire une mobilisation populaire autour de la transformation des institutions.
Le 19 décembre 2025, Juan Branco annonce publiquement son intention de se présenter à l'élection présidentielle française de 2027. Cette déclaration constitue une nouvelle étape dans son parcours, puisqu'elle marque son passage d'une activité principalement juridique, éditoriale et militante à une ambition présidentielle assumée. Son projet s'articule notamment autour de la transformation du régime politique, de la démocratie directe, du référendum d'initiative citoyenne et de la révocabilité des élus. Il souhaite remettre en question les mécanismes institutionnels qu'il considère comme responsables de la concentration du pouvoir.
Sa démarche se présente comme indépendante des grandes formations politiques traditionnelles. Elle s'appuie notamment sur le mouvement Les Ruches et sur une présence importante dans les réseaux numériques. La déclaration d'une candidature ne signifie cependant pas une qualification automatique pour l'élection présidentielle. Comme les autres prétendants, Juan Branco doit réunir les cinq cents présentations d'élus exigées par la législation française et satisfaire aux conditions prévues pour figurer sur la liste officielle des candidats. À la date d'octobre 2026, sa candidature relève donc d'une intention publiquement déclarée, et non d'une qualification définitivement acquise.
Son parcours présente plusieurs particularités dans le paysage politique français. Il a fréquenté des institutions prestigieuses tout en développant une critique particulièrement sévère des mécanismes de reproduction des élites. Il a participé à différentes expériences politiques sans s'inscrire durablement dans une grande formation partisane. Il a construit sa notoriété par ses activités juridiques, ses ouvrages, ses interventions publiques et sa présence sur les réseaux sociaux, davantage que par l'exercice de mandats électifs.
Enfin, son projet présidentiel place la transformation des institutions au centre de son discours, plutôt qu'une simple alternance entre les formations politiques traditionnelles. La candidature de Juan Branco permet ainsi d'aborder plusieurs questions importantes dans le débat politique français contemporain, la concentration du pouvoir, les rapports entre institutions et citoyens, les limites de la démocratie représentative, la place des médias et les possibilités de transformation du système politique. Elle soulève également une interrogation sur les conditions dans lesquelles une personnalité connue principalement pour ses dénonciations et ses interventions publiques peut construire un projet politique collectif.
À l'approche de 2027, Juan Branco entend faire de la contestation des structures de pouvoir le fondement de sa démarche présidentielle. Son parcours, depuis ses premiers engagements contre Hadopi jusqu'à la création des Ruches et à l'annonce de sa candidature, témoigne d'une continuité dans sa critique des institutions, mais également d'une évolution de ses méthodes d'action politique. Il appartient désormais au débat public de confronter ses propositions aux exigences concrètes de l'exercice du pouvoir, aux règles démocratiques et aux attentes des citoyens.
Voici la quatrième partie consacrée à Juan Branco. J'ai corrigé les erreurs de reconnaissance vocale, notamment son nom, les références à son métier d'avocat et les passages concernant ses prises de position. J'ai conservé le caractère critique de ton éditorial, en distinguant tes appréciations personnelles des faits judiciaires et politiques.
Juan Branco, figure aujourd'hui bien connue des médias, notamment grâce à son engagement auprès des Gilets jaunes, a su faire connaître sa personnalité particulièrement explosive à travers ses interventions publiques et ses participations à des débats souvent très animés sur les plateaux de télévision. Avocat de formation, doté d'un sens certain de la rhétorique et d'un verbe haut, il possède cette capacité à provoquer ses contradicteurs, à occuper l'espace médiatique et à transformer une confrontation politique en véritable affrontement verbal. Son métier lui a manifestement permis de développer une aisance dans l'argumentation, même si la maîtrise de la parole ne constitue pas, à elle seule, une garantie de cohérence politique.
Le voilà désormais décidé à se présenter à l'élection présidentielle française de 2027. Une ambition qui n'est évidemment pas une mince affaire, puisqu'il lui faudra d'abord réunir les cinq cents signatures d'élus nécessaires pour pouvoir effectivement participer au scrutin. Juan Branco entend se présenter comme une sorte de candidat antisystème, favorable à une transformation profonde des institutions et à l'introduction de mécanismes de démocratie directe, notamment le référendum d'initiative citoyenne, le fameux RIC, devenu l'une des revendications emblématiques du mouvement des Gilets jaunes. Sa relative jeunesse, sa fougue, son sens de la formule et sa capacité à manier la contradiction semblent nourrir chez lui la conviction qu'il pourrait devenir un candidat crédible à la magistrature suprême.
Mais une élection présidentielle ne se résume pas à un concours d'éloquence, pas davantage qu'à une succession de confrontations médiatiques. Le parcours de Juan Branco comporte également plusieurs controverses qui ont contribué à brouiller son image publique. Une procédure judiciaire engagée à son encontre, dont il conteste les accusations et qui ne saurait évidemment être assimilée à une condamnation, ainsi que certaines déclarations publiques particulièrement contestées, ont alimenté les critiques dirigées contre lui. Ses sorties parfois hasardeuses, notamment lorsqu'elles touchent à la mort d'une personnalité ou à des événements tragiques, soulèvent à mes yeux une interrogation sur le sens de la responsabilité qui devrait accompagner toute ambition politique nationale.
Mais ce qui m'interpelle davantage encore, c'est cette contradiction entre le personnage qui se revendique antisystème et son propre parcours. Car Juan Branco est lui-même un produit de ce système qu'il prétend combattre. Issu d'un milieu familial favorisé, ayant fréquenté plusieurs des établissements les plus prestigieux de la République, il a suivi une formation comparable à celle d'une partie importante de la bourgeoisie intellectuelle et de la haute classe politique française. Il connaît donc parfaitement les mécanismes de sélection, les réseaux sociaux et les institutions qu'il dénonce aujourd'hui avec tant de vigueur.
Cette contradiction ne constitue pas nécessairement une disqualification. L'histoire politique nous enseigne que nombre de révolutions ont été pensées, organisées ou accompagnées par des hommes et des femmes issus des classes favorisées. Il serait donc absurde de prétendre qu'une origine bourgeoise interdit toute volonté sincère de transformation sociale. Mais encore faut-il pouvoir distinguer une véritable rupture politique d'une simple posture de contestation. Et c'est précisément sur ce point que Juan Branco peine à me convaincre.
Les exemples de personnalités ayant construit leur notoriété sur la dénonciation du système avant de s'y intégrer sont suffisamment nombreux pour inviter à la prudence. Combien de responsables politiques ont promis de renverser les pratiques anciennes avant de reproduire, une fois installés dans les institutions, les comportements qu'ils dénonçaient auparavant ? L'histoire de la Ve République ne manque pas d'illustrations de cette contradiction.
Une autre difficulté tient à la lisibilité de son positionnement idéologique. Juan Branco a fréquenté différents univers politiques. Il a pu apparaître proche de certaines sensibilités de gauche, développer un discours souverainiste, puis défendre des orientations qui semblent parfois emprunter à d'autres traditions politiques. Cette circulation entre plusieurs références idéologiques peut naturellement correspondre à une réflexion personnelle et à une évolution intellectuelle. Mais elle rend également plus difficile l'identification d'un projet politique véritablement structuré.
À gauche un temps, souverainiste à d'autres moments, parfois proche de préoccupations que l'on retrouve également au centre droit, Juan Branco semble vouloir construire une identité politique qui échappe aux classifications traditionnelles. Pourquoi pas ? Encore faudrait-il que cette démarche s'accompagne d'une clarification suffisamment précise de ses orientations économiques, sociales, institutionnelles et internationales. Car dénoncer les élites, critiquer les médias, remettre en cause les institutions ou réclamer davantage de démocratie directe ne suffit pas à constituer un programme présidentiel. Il faut également expliquer comment gouverner, avec quelles alliances, quelles priorités budgétaires et quelles conséquences pour la population.
Son ambition personnelle, en revanche, ne semble faire aucun doute. Un avocat qui souhaite devenir président de la République, ce n'est évidemment pas une première dans l'histoire politique française. Nicolas Sarkozy a exercé cette profession avant son accession à l'Élysée, et Marine Le Pen a également été avocate avant de consacrer l'essentiel de son activité à la politique. La profession d'avocat peut fournir des qualités utiles à la vie publique, notamment la maîtrise du droit, la capacité d'argumentation et l'expérience de la confrontation contradictoire. Mais ces qualités ne remplacent ni une doctrine politique cohérente, ni une expérience de gestion, ni la capacité à rassembler autour d'un projet collectif.
Pour ma part, je demeure particulièrement réservé devant la démarche de Juan Branco. J'ai beaucoup de mal à me laisser convaincre par son discours de rupture, non parce que je prétendrais connaître ses intentions profondes, mais parce que son parcours, ses changements de références politiques et certaines de ses méthodes publiques ne me permettent pas d'identifier avec suffisamment de clarté la direction qu'il souhaite donner à son engagement. La sincérité politique ne se décrète pas. Elle s'apprécie dans la durée, à travers les actes, la constance des positions et la cohérence entre les principes affichés et les comportements adoptés.
Je considère donc qu'il existe des raisons légitimes de s'interroger sur la confiance que l'on peut accorder à une personnalité dont le positionnement politique demeure aussi difficile à définir. Cette réserve ne signifie évidemment pas qu'il faille lui interdire de défendre ses idées ou de solliciter les suffrages des Français. Elle signifie simplement que je ne confonds pas la capacité à dénoncer un système avec celle de proposer une alternative suffisamment construite.
Quoi qu'il en soit, avant de prétendre transformer les institutions françaises, Juan Branco devra franchir une première étape particulièrement concrète : obtenir les cinq cents présentations d'élus indispensables à sa candidature. Et rien ne garantit aujourd'hui qu'il y parviendra. Là encore, les effets d'annonce et la multiplication des prétendants à l'élection présidentielle ne seront pas nécessairement suivis des faits. Entre annoncer une candidature, réunir les soutiens nécessaires, construire une organisation politique et présenter un programme de gouvernement, il existe plusieurs étapes que la seule notoriété médiatique ne permet pas de franchir automatiquement.
Juan Branco entend faire de sa connaissance du système l'argument central de sa volonté de rupture. Pour ma part, cette connaissance ne suffit pas à dissiper mes interrogations.
Ma réserve à l'égard du personnage demeure à la mesure de la difficulté que j'éprouve à trouver, derrière sa dénonciation permanente du système, une lecture politique suffisamment claire et cohérente de la société qu'il prétend transformer.
Gamal Abina
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De l'engagement féministe à la recomposition de la gauche française, le parcours d'une députée qui revendique l'union des forces sociales et écologistes.
Portrait politique et biographique par Gamal Abina
Clémentine Autain est née le 26 mai 1973 à Saint-Cloud, dans le département des Hauts-de-Seine. De nationalité française, elle est âgée de 53 ans en octobre 2026. Journaliste, essayiste, militante féministe et députée de Seine-Saint-Denis, elle appartient à une génération de personnalités politiques dont l'engagement s'est construit à la rencontre des mouvements sociaux, du féminisme, de l'antilibéralisme économique et de l'écologie politique. Elle est la fille du chanteur Yvan Dautin et de l'actrice Dominique Laffin, décédée en 1985 alors que Clémentine Autain n'avait que douze ans. Elle grandit dans un environnement familial artistique et culturel, principalement à Paris, dans le quartier des Batignolles. Cette enfance au contact des milieux du spectacle et de la création contribue à son intérêt pour la culture, l'expression publique et les débats intellectuels. La disparition précoce de sa mère constitue également un événement important de son histoire personnelle.
Après ses études secondaires, Clémentine Autain rejoint l'université Paris VIII, à Saint-Denis, où elle étudie l'histoire. Boursière, elle poursuit son cursus jusqu'à l'obtention d'une maîtrise, puis d'un diplôme d'études approfondies, le DEA, correspondant approximativement à un master de recherche actuel. Ses travaux universitaires portent notamment sur l'histoire de l'Algérie dans les années 1930 et sur le Mouvement de libération des femmes. Ces deux domaines de recherche illustrent déjà les principaux centres d'intérêt qui structureront son engagement politique, les rapports de domination, les luttes pour l'émancipation et l'histoire des mouvements sociaux. Elle s'engage durant ses études dans le syndicalisme étudiant, notamment au sein de l'Union nationale des étudiants de France, l'UNEF, et de l'Union des étudiants communistes.
En 1997, elle participe à la fondation de Mix-Cité, association féministe mixte qui entend promouvoir l'égalité entre les femmes et les hommes et lutter contre les discriminations sexistes. La même année, elle contribue à la création de la Fondation Copernic, organisation de réflexion critique sur les politiques économiques néolibérales et leurs conséquences sociales. Parallèlement à ses engagements militants, Clémentine Autain développe une activité journalistique et éditoriale. Elle participe notamment à la direction du magazine Regards, publication historiquement associée aux débats intellectuels et politiques de la gauche française. Elle intervient également dans différents médias, notamment à la radio, où elle développe ses analyses sur le féminisme, les inégalités sociales, les institutions et les transformations de la gauche. Elle publie plusieurs ouvrages consacrés aux rapports entre les sexes, aux mouvements sociaux et aux perspectives de transformation politique. Son parcours se distingue ainsi par une articulation entre recherche universitaire, journalisme, engagement associatif et responsabilités électives.
Clémentine Autain appartient à une tradition de gauche antilibérale, féministe et écologiste qui considère que les inégalités économiques, les discriminations et les crises environnementales nécessitent une transformation profonde de l'organisation sociale. Son positionnement politique s'est progressivement construit autour de plusieurs références, le mouvement féministe, la gauche communiste et antilibérale, les mobilisations sociales et les courants favorables à une convergence entre les préoccupations sociales et écologiques. Elle défend une intervention importante de l'État dans l'économie, le renforcement des services publics, une fiscalité redistributive et une politique de protection sociale destinée à réduire les inégalités. Elle considère que les mécanismes économiques fondés principalement sur la concurrence et la recherche du profit privé ne permettent pas de répondre convenablement aux besoins collectifs. Son discours politique accorde ainsi une place importante à la redistribution des richesses, à la lutte contre la précarité, à la protection du pouvoir d'achat et à l'amélioration des conditions de travail. Elle défend également une transformation écologique de l'économie reposant sur les investissements publics, la planification et une modification des modes de production et de consommation. Son approche repose sur l'idée que la transition environnementale ne peut être durablement réalisée sans justice sociale.
Le féminisme constitue cependant l'une des dimensions les plus anciennes et les plus constantes de son engagement. Depuis les années 1990, Clémentine Autain participe aux mobilisations pour l'égalité salariale, la lutte contre les violences faites aux femmes, l'accès aux droits reproductifs et la représentation des femmes dans les institutions. Elle considère que les rapports de domination entre les sexes ne peuvent être analysés uniquement comme des comportements individuels, mais qu'ils s'inscrivent également dans des structures sociales, économiques et culturelles. Son engagement féministe l'amène à défendre une transformation des politiques publiques, notamment dans les domaines de l'éducation, de la justice, de la santé et de la protection sociale. Elle participe également aux débats sur les violences sexuelles et les mécanismes qui peuvent conduire à leur banalisation ou à leur invisibilisation.
Sur les questions de laïcité et de liberté religieuse, Clémentine Autain défend une conception qui privilégie la liberté de conscience et la lutte contre les discriminations. Cette orientation la distingue de certaines sensibilités de gauche attachées à une interprétation plus restrictive de la place des expressions religieuses dans l'espace public. Elle considère que la République doit garantir l'égalité des droits sans faire de l'origine, de la religion ou de l'appartenance culturelle un motif de traitement différencié. Son engagement contre le racisme, l'antisémitisme et les discriminations s'inscrit dans cette conception universaliste de l'égalité.
Sur le plan international, elle défend le respect du droit international, la coopération entre les peuples et la protection des populations civiles confrontées aux conflits armés. Elle soutient notamment les droits nationaux du peuple palestinien et la reconnaissance d'un État palestinien. Elle défend également une politique étrangère française plus indépendante et attentive aux enjeux de paix, de développement et de justice internationale.
Sur le plan institutionnel, Clémentine Autain critique la concentration du pouvoir présidentiel et défend une transformation démocratique permettant une participation plus importante des citoyens. Elle considère que la crise de confiance envers les institutions françaises résulte notamment d'un sentiment d'éloignement entre les représentants politiques et une partie importante de la population. Son orientation idéologique se distingue de celle des organisations trotskistes révolutionnaires comme Lutte ouvrière ou Révolution permanente. Elle ne défend pas une stratégie fondée principalement sur la révolution prolétarienne, mais une transformation politique et sociale reposant sur les mobilisations populaires, les alliances électorales et l'exercice du pouvoir institutionnel. Elle se distingue également de la social-démocratie traditionnelle par une critique plus approfondie du libéralisme économique et par sa volonté de construire une gauche de transformation sociale. L'un des éléments constants de son discours demeure la nécessité de réunir les différentes sensibilités de gauche autour d'un projet commun. Cette orientation constitue une caractéristique importante de son parcours, depuis les collectifs antilibéraux des années 2000 jusqu'aux débats sur la recomposition de la gauche à l'approche de l'élection présidentielle de 2027.
L'engagement politique de Clémentine Autain commence au cours des années 1990, dans un contexte marqué par les mobilisations étudiantes, les luttes féministes et les débats sur les transformations économiques et sociales. Son activité au sein de l'UNEF et de l'Union des étudiants communistes lui permet de découvrir les organisations militantes et les formes de mobilisation collective. En 1997, elle participe à la fondation de Mix-Cité, association féministe qui cherche à renouveler les pratiques militantes et à faire de l'égalité entre les femmes et les hommes une question politique centrale. Elle contribue également à la création de la Fondation Copernic, dont les travaux portent sur la critique des politiques néolibérales et la recherche d'alternatives économiques et sociales.
En 2001, Clémentine Autain participe à la campagne municipale de Bertrand Delanoë à Paris. À la suite de la victoire de la gauche, elle devient adjointe au maire de Paris chargée de la jeunesse, fonction qu'elle exerce jusqu'en 2007. Cette première expérience institutionnelle lui permet de participer à la gestion d'une grande collectivité territoriale et de développer des politiques publiques consacrées aux jeunes Parisiens. Elle découvre également les contraintes administratives, budgétaires et politiques associées à l'exercice de responsabilités exécutives.
En 2005, elle s'engage dans la campagne contre le traité établissant une Constitution pour l'Europe. Elle appartient alors aux courants de gauche qui considèrent que le projet de traité inscrit trop fortement les principes du libéralisme économique dans l'organisation institutionnelle européenne. La victoire du non au référendum du 29 mai 2005 constitue un moment important pour les formations antilibérales, qui cherchent ensuite à construire une alternative politique commune. Clémentine Autain participe aux collectifs antilibéraux engagés dans la recherche d'une candidature commune pour l'élection présidentielle de 2007. Mais les divergences entre les différentes organisations empêchent finalement la constitution de cette candidature unitaire. Cette expérience contribue à renforcer sa conviction selon laquelle les divisions de la gauche constituent un obstacle important à la construction d'un projet politique commun.
Elle participe ensuite aux initiatives de rassemblement qui conduisent à la formation du Front de gauche. Elle soutient la candidature de Jean-Luc Mélenchon à l'élection présidentielle de 2012, dans le cadre d'une alliance réunissant notamment le Parti communiste français et le Parti de gauche. Elle s'engage également dans le mouvement Ensemble, formation appartenant à la gauche antilibérale et écologiste. En 2014, elle participe aux élections municipales à Sevran, en Seine-Saint-Denis, commune dans laquelle elle s'est installée plusieurs années auparavant. Elle poursuit parallèlement ses activités politiques et associatives, notamment dans les domaines de l'égalité sociale, de la lutte contre les discriminations et des droits des femmes.
En 2015, elle est élue conseillère régionale d'Île-de-France. En 2017, elle se présente aux élections législatives dans la onzième circonscription de Seine-Saint-Denis, qui comprend notamment Sevran, Tremblay-en-France et Villepinte. Sa candidature bénéficie du soutien de La France insoumise et du Parti communiste français. Le 18 juin 2017, elle est élue députée avec environ 59,5 % des suffrages exprimés au second tour. Cette élection marque une étape importante dans son parcours politique, puisqu'elle lui permet d'accéder pour la première fois à l'Assemblée nationale. Elle rejoint alors le groupe parlementaire de La France insoumise. Durant cette législature, elle intervient notamment sur les questions de justice sociale, de protection des services publics, de droits des femmes et de lutte contre les discriminations. Elle participe également aux débats sur les réformes des retraites, les politiques économiques et les inégalités territoriales.
Son implantation en Seine-Saint-Denis constitue un élément important de son activité parlementaire. Ce département, caractérisé par une population jeune, une importante diversité sociale et culturelle et des difficultés persistantes dans l'accès à certains services publics, occupe une place centrale dans ses interventions politiques. Clémentine Autain défend notamment une meilleure répartition des moyens publics, une amélioration de l'accès aux soins et une politique éducative destinée à réduire les inégalités.
En 2021, elle conduit une liste de gauche lors des élections régionales en Île-de-France, réunissant notamment des représentants de La France insoumise et du Parti communiste français. En 2022, elle est réélue députée de Seine-Saint-Denis sous l'étiquette de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, la NUPES. Cette coalition réunit plusieurs formations de gauche autour d'un programme commun à l'occasion des élections législatives. Clémentine Autain appartient alors au groupe parlementaire de La France insoumise, tout en défendant régulièrement la nécessité de préserver l'unité des différentes composantes de la gauche.
Au fil des années, des divergences apparaissent cependant entre elle et la direction de La France insoumise. Ces désaccords portent notamment sur le fonctionnement interne du mouvement, les méthodes de décision, la stratégie politique et les relations avec les autres formations de gauche. En 2024, après la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron, elle participe à la constitution du Nouveau Front populaire. Elle est réélue députée de Seine-Saint-Denis dès le premier tour des élections législatives anticipées du 30 juin 2024. Mais cette période marque également sa rupture avec La France insoumise. Elle rejoint le groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale et participe à la fondation du mouvement L'Après, aux côtés de plusieurs anciens membres de La France insoumise. Cette nouvelle organisation entend défendre une gauche sociale, écologiste et démocratique, tout en privilégiant les stratégies de rassemblement entre les différentes formations progressistes.
La création de L'Après marque ainsi une nouvelle étape dans son parcours politique. Clémentine Autain cherche désormais à construire une expression politique indépendante de La France insoumise, tout en maintenant une orientation de gauche antilibérale. Dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027, elle participe aux discussions sur l'organisation d'une primaire commune des forces de gauche et écologistes. Elle défend l'idée que les électeurs doivent pouvoir désigner une candidature commune à travers un processus démocratique ouvert. Elle annonce sa volonté de représenter la gauche et les écologistes lors de l'élection présidentielle et présente un manifeste politique consacré notamment à la justice sociale, à la transformation écologique, à la protection des services publics et à la rénovation démocratique.
Mais les désaccords entre les différentes formations politiques empêchent la réalisation du projet de primaire unitaire dans les conditions qu'elle souhaitait. Le 11 juillet 2026, Clémentine Autain annonce finalement qu'elle renonce à sa candidature présidentielle, prenant acte de l'échec de cette démarche de rassemblement. Cette décision constitue une différence importante avec les parcours de plusieurs autres personnalités étudiées dans cette série. Contrairement à des responsables politiques qui maintiennent une candidature autonome malgré les divergences entre formations, Clémentine Autain choisit de ne pas poursuivre sa propre campagne dans le contexte de l'échec de la primaire qu'elle défendait. Ce retrait ne signifie pas pour autant son départ de la vie politique nationale. Elle demeure députée de Seine-Saint-Denis, membre du groupe Écologiste et Social et l'une des figures du mouvement L'Après.
Son parcours politique permet d'observer plusieurs transformations importantes de la gauche française depuis les années 1990. Il illustre d'abord la place croissante des questions féministes et écologiques dans les débats politiques. Il témoigne également des difficultés rencontrées par les différentes sensibilités de gauche pour construire des alliances durables, malgré l'existence de nombreux objectifs sociaux et économiques communs. Son expérience au sein de la municipalité parisienne, du Front de gauche, de La France insoumise, de la NUPES et du Nouveau Front populaire lui a permis de participer à plusieurs tentatives de rassemblement politique. Elle appartient ainsi à une génération de responsables de gauche dont l'engagement s'est développé en dehors du Parti socialiste traditionnel, tout en recherchant régulièrement des convergences avec d'autres formations.
À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, Clémentine Autain incarne une sensibilité politique attachée à la transformation sociale, à l'écologie, au féminisme et à la rénovation démocratique. Son retrait de la compétition présidentielle en juillet 2026 constitue également un élément important pour comprendre les débats contemporains sur les candidatures individuelles et les stratégies collectives au sein de la gauche. Son parcours, depuis les premières mobilisations féministes des années 1990 jusqu'à la fondation de L'Après en 2024, témoigne d'une continuité dans la défense de l'égalité et d'une évolution de ses engagements à travers plusieurs organisations politiques. Il permet enfin de comprendre la place qu'occupent aujourd'hui les questions de rassemblement, de représentation populaire et de démocratie interne dans la recomposition de la gauche française.
Clémentine Autain vient de démontrer, à mes yeux, ce que signifie avoir le sens des responsabilités lorsque l'on est une femme politique de gauche. En effet, sans jamais renoncer à ses convictions personnelles, à son engagement féministe, à son combat antiraciste et à sa volonté de défendre une transformation sociale profondément antilibérale, elle a su prendre une décision qui mérite d'être soulignée : se retirer de la course à l'élection majeure que constitue la présidentielle française. Ce choix prend une dimension particulière dans le contexte politique actuel, marqué par la multiplication des prétendants à gauche et par les difficultés persistantes à construire une stratégie commune face à l'extrême droite.
Clémentine Autain aurait parfaitement pu poursuivre son aventure présidentielle. Elle possède une expérience parlementaire, une certaine notoriété et une histoire militante qui lui permettent de revendiquer une place dans le débat national. Elle aurait également pu considérer que ses convictions, son parcours et son engagement personnel justifiaient le maintien de sa candidature, indépendamment des conséquences politiques d'une nouvelle division de la gauche. Mais elle a choisi une autre voie. Constatant qu'il devenait impossible d'organiser la primaire commune qu'elle appelait de ses vœux, elle a préféré se retirer plutôt que de contribuer à une dispersion supplémentaire des candidatures. C'est précisément dans cette décision que je vois une conception de la responsabilité politique qui mérite d'être reconnue.
Car la question fondamentale n'est pas seulement de savoir qui possède les qualités nécessaires pour se présenter à l'élection présidentielle. Elle consiste également à s'interroger sur les conséquences collectives d'une candidature individuelle. À quoi bon défendre un projet de transformation sociale si les rivalités personnelles, les ambitions présidentielles et les stratégies d'appareil finissent par empêcher les forces qui portent des objectifs comparables de construire une démarche commune ? Je considère que Clémentine Autain a compris cette contradiction.
Elle aurait pu, pour des questions d'ego ou de visibilité médiatique, maintenir sa candidature jusqu'au bout. Elle aurait pu se convaincre que sa seule présence dans la compétition présidentielle suffisait à justifier sa démarche. Mais elle a préféré prendre acte de l'échec de la primaire et renoncer à une ambition personnelle plutôt que de prolonger une compétition supplémentaire au sein de son propre camp. Cette attitude contraste avec celle de certains autres prétendants qui demeurent arc-boutés sur leur candidature, alors même que leurs résultats électoraux antérieurs inviteraient, selon moi, à une réflexion sur l'intérêt d'une démarche collective.
Il ne s'agit évidemment pas de contester le droit démocratique de chacun à se présenter. Ce droit demeure fondamental. Mais posséder un droit ne dispense jamais de réfléchir à la responsabilité qui accompagne son exercice. C'est pourquoi je considère que Clémentine Autain a fait preuve d'une certaine dignité politique. Elle démontre qu'il est possible de défendre fermement ses convictions sans considérer que sa propre personne doit nécessairement incarner leur traduction électorale. Elle rappelle également qu'une carrière politique ne se mesure pas uniquement au nombre de candidatures, aux apparitions médiatiques ou à la capacité de demeurer coûte que coûte dans la compétition.
Il existe parfois une autre manière d'affirmer ses convictions : savoir renoncer à une ambition individuelle lorsque l'on estime que l'intérêt collectif exige une autre stratégie. Je dirai simplement, concernant Madame Autain, qu'avoir su faire passer, dans cette circonstance, ce qu'elle considère comme l'intérêt collectif avant son ambition personnelle constitue une décision que je respecte. Cette décision la distingue, à mes yeux, de plusieurs de ses concurrents masculins qui semblent parfois confondre la défense de leurs idées avec la nécessité de préserver leur propre candidature.
Au fond, la véritable question posée à la gauche française n'est pas seulement celle des programmes, des personnalités ou des sensibilités idéologiques. Elle est aussi celle de sa capacité à dépasser les ambitions individuelles pour construire une perspective politique commune. Et sur ce point précis, Clémentine Autain vient d'apporter une réponse par ses actes.
Au moins, elle ne pourra pas être accusée d'avoir volontairement ajouté sa candidature à la fragmentation de la gauche dans une élection présidentielle dont je considère depuis longtemps que les mécanismes institutionnels favorisent une compétition profondément déséquilibrée. Elle aura choisi de ne pas devenir l'idiote utile d'un système électoral que je juge largement tronqué. Et rien que pour cela, son choix mérite, à mes yeux, d'être salué.
Gamal Abina
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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE 2027PORTRAIT POLITIQUE N° 05 : FABIEN ROUSSEL
Le communisme français face à ses contradictions, entre héritage ouvrier, souveraineté industrielle et recherche d'une nouvelle identité populaire.
Fabien Roussel est né le 16 avril 1969 à Béthune, dans le Pas-de-Calais. De nationalité française, il est âgé de 57 ans en octobre 2026. Journaliste de formation, ancien député du Nord, maire de Saint-Amand-les-Eaux et secrétaire national du Parti communiste français depuis novembre 2018, il appartient à une génération de responsables politiques ayant grandi dans un environnement familial profondément marqué par les traditions militantes et ouvrières du nord de la France.
Son prénom, Fabien, lui aurait été donné en hommage au colonel Fabien, de son vrai nom Pierre Georges, figure de la Résistance communiste française pendant la Seconde Guerre mondiale. Ce choix familial illustre l'importance de la mémoire communiste et de l'engagement politique dans son environnement d'origine.
Fabien Roussel grandit dans le bassin minier du Pas-de-Calais, territoire historiquement marqué par l'exploitation charbonnière, les grandes concentrations ouvrières, les luttes syndicales et l'influence électorale du Parti communiste français. Il termine sa scolarité à Champigny-sur-Marne, dans le Val-de-Marne, où il commence à développer ses engagements militants.
Dès l'adolescence, il rejoint le Mouvement des jeunes communistes de France et participe aux mobilisations contre le régime d'apartheid en Afrique du Sud, notamment aux campagnes réclamant la libération de Nelson Mandela. Il prend également part aux manifestations étudiantes de 1986 contre le projet de loi Devaquet, consacré à la réforme de l'enseignement supérieur.
Son parcours scolaire et professionnel ne correspond pas à celui des responsables politiques issus des grandes écoles administratives françaises. Il s'oriente vers le journalisme et suit une formation de journaliste reporter d'images au Centre de formation et de perfectionnement des journalistes, le CFPJ. Il exerce ensuite plusieurs années dans l'audiovisuel, notamment comme journaliste reporter d'images et journaliste pigiste.
En 1997, il rejoint le cabinet de Michelle Demessine, secrétaire d'État au Tourisme dans le gouvernement de Lionel Jospin. Cette expérience marque son entrée dans l'environnement institutionnel national et lui permet de découvrir les mécanismes de fonctionnement de l'administration gouvernementale.
Il poursuit ensuite son activité comme collaborateur politique auprès d'élus communistes, tout en développant son implantation militante dans le département du Nord.
En 2007, il s'installe à Saint-Amand-les-Eaux, commune du Valenciennois, où il participe à la vie politique locale. Il devient secrétaire départemental de la fédération du Nord du Parti communiste français en 2010, puis conseiller municipal de Saint-Amand-les-Eaux en 2014.
En 2017, il est élu député de la vingtième circonscription du Nord, succédant à Alain Bocquet, figure historique du communisme municipal et parlementaire dans cette région.
Le 25 novembre 2018, Fabien Roussel devient secrétaire national du Parti communiste français, succédant à Pierre Laurent. Il prend ainsi la direction d'une formation politique qui a occupé une place considérable dans l'histoire sociale et politique française, mais dont l'influence électorale nationale s'est fortement réduite depuis plusieurs décennies.
Réélu député en 2022, il perd son siège dès le premier tour des élections législatives anticipées de juin 2024 face au candidat du Rassemblement national, Guillaume Florquin.
En janvier 2025, il devient maire de Saint-Amand-les-Eaux, fonction qu'il conserve après les élections municipales de 2026.
Le 6 septembre 2026, il officialise sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, après avoir été désigné par les adhérents du Parti communiste français.
Fabien Roussel revendique son appartenance au communisme français, dans une tradition politique historiquement associée à la défense du monde ouvrier, à la protection des salariés, au développement des services publics et à la critique des inégalités économiques.
Le Parti communiste français, fondé en décembre 1920 lors du congrès de Tours, appartient aux plus anciennes formations politiques françaises encore actives. Son histoire est indissociable de celle du mouvement ouvrier, des luttes syndicales, de la Résistance et des grandes transformations sociales du XXe siècle.
Pendant plusieurs décennies, le PCF a constitué l'une des principales forces électorales du pays. Il a participé à plusieurs gouvernements et joué un rôle important dans les débats sur la protection sociale, les nationalisations, les droits des travailleurs et l'organisation économique.
Mais le déclin de son influence électorale, particulièrement visible à partir des années 1980, a progressivement modifié sa place dans la vie politique française.
L'effondrement de l'Union soviétique en 1991, les transformations du monde ouvrier, la désindustrialisation et la montée du Parti socialiste ont contribué à affaiblir les références politiques traditionnelles du communisme français.
Fabien Roussel hérite donc d'une formation confrontée à une question fondamentale, celle de son identité dans une société profondément différente de celle qui avait assuré sa puissance électorale.
Son orientation politique consiste à replacer le travail, les salaires, la production industrielle et la souveraineté économique au centre du discours communiste.
Il considère que la gauche a progressivement perdu une partie de son influence dans les milieux populaires en accordant une place insuffisante aux questions matérielles, à l'emploi industriel et aux conditions concrètes d'existence des salariés.
Son discours se distingue par une volonté de réhabiliter la valeur du travail, de défendre l'augmentation des rémunérations et de promouvoir une politique de réindustrialisation nationale.
Il revendique également une intervention importante de l'État dans les secteurs stratégiques, notamment l'énergie, les transports, la santé et les infrastructures industrielles.
Sur le plan économique, Fabien Roussel défend une fiscalité plus redistributive, une contribution accrue des grandes fortunes et des entreprises les plus profitables, ainsi qu'un renforcement des investissements publics.
Il considère que la puissance publique doit retrouver des capacités d'orientation économique permettant de protéger les activités industrielles et de garantir la souveraineté productive du pays.
Cette conception se traduit notamment par une défense du nucléaire civil, qu'il considère comme un instrument essentiel de la production électrique française et de l'indépendance énergétique.
Ce positionnement le distingue d'une partie de la gauche écologiste, traditionnellement plus critique à l'égard de cette technologie.
Fabien Roussel défend également une conception de l'écologie reposant sur l'investissement industriel, la transformation des modes de production et le développement des infrastructures publiques.
Il considère que les politiques environnementales doivent être compatibles avec la protection de l'emploi, la réindustrialisation et le pouvoir d'achat des catégories populaires.
Sur les questions institutionnelles, il revendique une conception républicaine attachée à la laïcité, à l'égalité des citoyens et au rôle de l'État dans la garantie des droits collectifs.
Son discours politique accorde une place importante à la République, à la souveraineté nationale et à la protection des services publics.
Sur le plan international, le Parti communiste français défend traditionnellement une diplomatie fondée sur la paix, le désarmement, la coopération entre les peuples et le respect du droit international.
Fabien Roussel revendique notamment une politique étrangère indépendante, tout en inscrivant ses positions dans les débats contemporains sur la sécurité européenne, les conflits internationaux et les relations entre les grandes puissances.
Il soutient le droit des Palestiniens à disposer d'un État et défend une solution politique au conflit israélo-palestinien fondée sur le respect du droit international.
Sur les questions sociales et sociétales, il défend l'égalité des droits, la lutte contre les discriminations et la protection des libertés publiques.
Sa communication politique se caractérise néanmoins par une volonté de se distinguer des discours de certaines autres formations de gauche, notamment sur les questions de laïcité, de travail, de consommation et de rapport à la culture populaire.
Cette stratégie a parfois provoqué des controverses, notamment lorsqu'il a mis en avant une conception de la gauche attachée à la défense du pouvoir d'achat, de l'alimentation populaire et des traditions sociales françaises.
Ses partisans considèrent que cette orientation permet de renouer avec des catégories populaires qui ne se reconnaissent plus dans une partie du discours politique de la gauche contemporaine.
Ses critiques estiment au contraire que certaines de ses prises de position peuvent entretenir des ambiguïtés idéologiques ou accentuer les divisions entre les différentes composantes de la gauche.
Cette tension constitue l'un des éléments importants de son positionnement politique.
Contrairement aux organisations trotskistes comme Lutte ouvrière ou Révolution permanente, le Parti communiste français ne construit plus sa stratégie autour de la perspective immédiate d'une révolution prolétarienne.
Il privilégie une transformation sociale fondée sur les mobilisations populaires, les réformes institutionnelles, les politiques publiques et la participation aux élections.
Cette évolution reflète les transformations idéologiques du communisme français depuis la seconde moitié du XXe siècle.
Fabien Roussel incarne ainsi une orientation communiste qui cherche à articuler les références historiques du mouvement ouvrier avec les enjeux contemporains de souveraineté industrielle, de transition énergétique et de protection sociale.
L'engagement politique de Fabien Roussel commence au cours des années 1980, dans un contexte marqué par les grandes mobilisations étudiantes, les luttes antiracistes et les transformations du mouvement communiste français.
Son adhésion au Mouvement des jeunes communistes lui permet de participer à différentes campagnes de solidarité internationale et à des manifestations sociales.
La lutte contre l'apartheid en Afrique du Sud constitue l'un de ses premiers engagements importants. Il participe notamment aux mobilisations réclamant la libération de Nelson Mandela et la fin du système de ségrégation raciale.
En 1986, il prend part au mouvement étudiant contre le projet de loi Devaquet, qui provoque une mobilisation nationale et conduit finalement au retrait de la réforme.
Ces expériences contribuent à structurer son engagement politique et à l'inscrire durablement dans les organisations communistes.
Après plusieurs années consacrées au journalisme, il rejoint en 1997 le cabinet de Michelle Demessine, secrétaire d'État communiste au Tourisme dans le gouvernement de Lionel Jospin.
Cette expérience gouvernementale constitue une étape importante dans son parcours, puisqu'elle lui permet de participer directement au fonctionnement d'une administration ministérielle.
À partir des années 2000, il développe progressivement son implantation dans le département du Nord, territoire historiquement marqué par une forte présence communiste.
En 2010, il devient secrétaire départemental de la fédération du Nord du Parti communiste français.
En 2014, il est élu conseiller municipal de Saint-Amand-les-Eaux, commune où il s'est installé plusieurs années auparavant.
En 2015, il conduit une liste communiste lors des élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie, sous l'intitulé « L'Humain d'abord ».
En 2017, il est élu député de la vingtième circonscription du Nord, succédant à Alain Bocquet.
À l'Assemblée nationale, il rejoint le groupe de la Gauche démocrate et républicaine, qui rassemble notamment des députés communistes et des élus ultramarins.
Il participe aux travaux parlementaires consacrés aux finances publiques, à l'économie, à la fiscalité et à la protection des salariés.
En novembre 2018, il est élu secrétaire national du Parti communiste français.
Cette élection marque une évolution importante dans la stratégie du PCF, qui cherche à retrouver une visibilité nationale après plusieurs années durant lesquelles il avait soutenu les candidatures présidentielles de Jean-Luc Mélenchon.
Fabien Roussel défend progressivement l'idée que le Parti communiste doit présenter son propre candidat à l'élection présidentielle afin de retrouver une expression politique autonome.
Cette orientation aboutit à sa désignation comme candidat du PCF à l'élection présidentielle de 2022.
Lors du premier tour du 10 avril 2022, il obtient 2,28 % des suffrages exprimés, soit 802 422 voix.
Ce résultat confirme la faiblesse relative de l'audience électorale nationale du Parti communiste français, malgré sa présence militante, son implantation municipale et son histoire politique.
Il illustre également les difficultés rencontrées par le PCF pour retrouver une place autonome dans une gauche dont l'électorat s'est largement recomposé autour de La France insoumise.
À l'issue de l'élection présidentielle, Fabien Roussel participe néanmoins à la constitution de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, la NUPES, qui rassemble plusieurs formations de gauche en vue des élections législatives de juin 2022.
Il est réélu député de la vingtième circonscription du Nord avec 54,50 % des suffrages exprimés au second tour.
Cette réélection confirme alors son implantation locale, malgré son résultat présidentiel limité.
Au cours de la législature, les relations entre le Parti communiste français et La France insoumise deviennent progressivement plus conflictuelles.
Fabien Roussel critique notamment certaines orientations stratégiques de Jean-Luc Mélenchon et revendique une plus grande autonomie politique du PCF.
Ces divergences concernent notamment la stratégie de rassemblement de la gauche, le rapport aux institutions, la communication politique et les questions de souveraineté industrielle.
En 2024, la dissolution de l'Assemblée nationale décidée par Emmanuel Macron entraîne l'organisation de nouvelles élections législatives.
Le Parti communiste français participe au Nouveau Front populaire, coalition réunissant plusieurs formations de gauche.
Fabien Roussel se représente dans la vingtième circonscription du Nord.
Mais le 30 juin 2024, il est éliminé dès le premier tour. Le candidat du Rassemblement national, Guillaume Florquin, est élu avec environ 50,3 % des suffrages exprimés, tandis que Fabien Roussel obtient 31,19 %.
Cette défaite constitue un événement politique important, car elle intervient dans une circonscription historiquement associée à une forte implantation communiste.
Elle illustre les transformations électorales intervenues dans les anciens territoires industriels du nord de la France, où le Rassemblement national a progressivement développé une influence importante.
La perte de son mandat parlementaire ne met cependant pas fin à son activité politique.
En janvier 2025, Fabien Roussel devient maire de Saint-Amand-les-Eaux, après avoir été élu par le conseil municipal. Il conserve cette fonction à l'issue des élections municipales de mars 2026.
Il poursuit parallèlement ses responsabilités nationales à la tête du Parti communiste français.
En 2026, la question de la candidature communiste à l'élection présidentielle de 2027 devient l'un des principaux sujets de débat interne au PCF.
Lors de son quarantième congrès, le parti confirme sa volonté de présenter une candidature autonome.
Du 3 au 6 septembre 2026, les adhérents communistes sont appelés à se prononcer sur la candidature de Fabien Roussel.
Le scrutin réunit 24 112 votants sur 37 620 adhérents inscrits, soit une participation de 64,09 %.
Parmi les suffrages exprimés, 72,06 % se prononcent en faveur de sa candidature, 22 % votent contre et 5,94 % choisissent l'abstention proposée sur le bulletin.
Le 6 septembre 2026, Fabien Roussel officialise sa candidature à l'élection présidentielle de 2027.
Il engage ainsi une deuxième campagne présidentielle, après celle de 2022.
Cette décision confirme la volonté du Parti communiste français de disposer d'une expression autonome lors de l'élection présidentielle, malgré les débats sur la nécessité d'un rassemblement plus large des différentes forces de gauche.
Il convient cependant de distinguer cette désignation partisane d'une candidature définitivement validée pour le scrutin présidentiel, laquelle demeure soumise aux règles légales, notamment à l'obtention des 500 présentations d'élus.
Le parcours de Fabien Roussel s'inscrit ainsi dans une histoire politique particulièrement riche, celle d'un Parti communiste français qui fut autrefois l'une des principales forces électorales du pays et qui cherche aujourd'hui à reconstruire son influence dans un paysage politique profondément transformé.
Son expérience journalistique, son engagement militant, ses responsabilités parlementaires et son implantation municipale constituent les principales étapes de sa carrière.
Sa trajectoire illustre également les difficultés rencontrées par la gauche française pour maintenir son influence dans les anciens territoires ouvriers et industriels, confrontés depuis plusieurs décennies à la désindustrialisation, aux transformations économiques et à la progression du vote en faveur de l'extrême droite.
À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, Fabien Roussel entend incarner une orientation communiste attachée au travail, à la production industrielle, à la souveraineté économique et à la défense des services publics.
Son parcours témoigne enfin de la permanence d'une tradition politique issue du mouvement ouvrier français, mais également des interrogations contemporaines sur son identité, sa stratégie électorale et sa place au sein d'une gauche traversée par de profondes divisions.
Fabien Roussel, personnage ô combien méconnu d'une grande partie du public, et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé de se faire connaître. Sa présence médiatique s'est notamment construite autour de prises de position que je considère pour le moins douteuses sur l'immigration, de sorties répétées sur la laïcité et d'une conception de la République qui semble parfois faire de la question religieuse, particulièrement lorsqu'il s'agit de l'islam, une préoccupation politique disproportionnée.
Il y a chez Fabien Roussel une manière d'aborder ces questions qui me laisse profondément perplexe. À force de vouloir se distinguer de la gauche radicale, de multiplier les déclarations sur l'identité républicaine et de revendiquer une certaine proximité avec les préoccupations nationales, il finit par entretenir, à mes yeux, une ambiguïté inquiétante entre la tradition communiste et certains ressorts du discours nationaliste.
Et puis il y a cette obstination à vouloir exister dans la compétition présidentielle, cette façon de s'accrocher comme une huître à son rocher, avec l'espoir de devenir un jour un candidat crédible à la magistrature suprême. Mais les chiffres sont là. Lors de l'élection présidentielle de 2022, Fabien Roussel a obtenu 2,28 % des suffrages exprimés. Monsieur 2 % ne pèse donc pas bien lourd dans les rapports de force électoraux nationaux.
Certes, on pourra toujours m'expliquer qu'une élection ne se résume pas aux résultats précédents et qu'un parti politique possède parfaitement le droit de présenter son propre candidat. Je ne conteste évidemment pas ce principe démocratique. Mais je m'interroge sur sa pertinence stratégique lorsque la gauche française apparaît aussi fragmentée.
Car ces 2 % peuvent compter. Dans une élection présidentielle où la qualification pour le second tour se joue parfois à quelques centaines de milliers de voix, la dispersion des suffrages entre plusieurs candidatures de gauche peut avoir des conséquences considérables. Cela ne signifie pas que les électeurs de Fabien Roussel se reporteraient automatiquement sur un autre candidat en son absence, mais cela suffit à poser la question de l'utilité politique d'une candidature supplémentaire.
Avec Fabien Roussel, nous sommes bien loin de Georges Marchais. Voilà un homme qui avait le verbe haut, qui n'hésitait pas à rentrer dans le lard des journalistes, à interrompre ses contradicteurs et à défendre avec une vigueur parfois excessive ce qu'il considérait comme les intérêts du monde ouvrier. On pouvait contester ses analyses, ses positions internationales ou son rapport à l'Union soviétique, mais il possédait une personnalité politique immédiatement identifiable et une capacité à incarner un Parti communiste qui représentait alors une force électorale considérable.
Fabien Roussel, lui, me donne parfois davantage l'impression de vouloir défendre les institutions et les symboles de la République que de porter une véritable contestation des rapports économiques et sociaux. Ce contraste me paraît révélateur des transformations profondes du Parti communiste français, autrefois puissant dans les usines et les bassins industriels, aujourd'hui confronté à un affaiblissement électoral qui semble devenu structurel.
Et puisque nous parlons de communisme, je ne peux m'empêcher de penser à cette formule d'« idiots utiles », si souvent attribuée à Lénine, même si son attribution historique demeure incertaine. Si Lénine existait encore, il pourrait probablement constituer une collection impressionnante de personnalités politiques qu'il considérerait comme utiles à leurs adversaires, tant leurs initiatives contribuent parfois à affaiblir les causes qu'elles prétendent défendre.
Je considère précisément que Fabien Roussel prend ce risque en persistant dans une stratégie présidentielle autonome, alors que les différentes formations de gauche auraient tout intérêt à réfléchir sérieusement aux conséquences de leur dispersion électorale.
Mais ce qui m'inquiète davantage encore, c'est cette orientation politique qui semble parfois hésiter entre un communisme républicain traditionnel et une forme de nationalisme social. La défense de la souveraineté industrielle, des services publics ou de l'indépendance économique n'a évidemment rien de condamnable en soi. Elle peut même constituer une orientation parfaitement cohérente pour une formation issue du mouvement ouvrier. En revanche, lorsque cette défense s'accompagne d'un discours insistant sur l'identité nationale, l'immigration ou certaines expressions religieuses, je considère qu'il devient nécessaire de s'interroger sur les frontières idéologiques que l'on entend préserver.
Je n'irai pas beaucoup plus loin. On pourrait finir par penser que je nourris une certaine inimitié personnelle à l'égard du personnage, ce qui n'est pas le sujet. Mon propos porte sur son orientation politique, sur ses choix stratégiques et sur les conséquences que je leur attribue dans le contexte de la prochaine élection présidentielle.
Mais puisque Fabien Roussel semble décidé à poursuivre son aventure présidentielle, je terminerai par une recommandation qui n'engage évidemment que moi : la meilleure contribution qu'il pourrait apporter au rassemblement de la gauche serait peut-être de renoncer à cette candidature supplémentaire et de laisser enfin la place à une réflexion collective.
Fabien, quand tu nous tiens, prends donc le chemin du départ. Cela pourrait arranger bien du monde.
Gamal Abina
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PRÉSIDENTIELLE FRANÇAISE 2027
PORTRAIT POLITIQUE N° 04 : FRANÇOIS RUFFIN
François Ruffin, du journalisme engagé à l'Assemblée nationale, le parcours d'une figure de la gauche sociale et populaire.
Portrait politique par Gamal Abina
1. BIO EXPRESS
Nom complet : François Marcel Joseph Bernard Ruffin.
Date de naissance : 18 octobre 1975.
Lieu de naissance : Calais, Pas-de-Calais, France.
Âge : 50 ans au 10 octobre 2026.
Nationalité : Française.
Formation : Maîtrise de lettres modernes à l'université de Picardie Jules Verne, puis diplôme du Centre de formation des journalistes de Paris, obtenu en 2002.
Professions : Journaliste, reporter, écrivain, essayiste, réalisateur de documentaires et député.
Formation politique : Debout !, mouvement issu de Picardie debout !.
Courant idéologique : Gauche sociale, antilibéralisme économique, défense du monde du travail, écologie sociale et souveraineté industrielle.
Fonction actuelle : Député de la première circonscription de la Somme, membre du groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale, président de Debout !.
François Ruffin naît le 18 octobre 1975 à Calais, dans le Pas-de-Calais. Il grandit principalement à Amiens, dans le département de la Somme, au sein d'une famille appartenant à un milieu social relativement favorisé. Son père occupe des fonctions de direction dans le secteur agroalimentaire, notamment au sein du groupe Bonduelle, tandis que sa mère se consacre à la vie familiale. Cette origine sociale mérite d'être soulignée, car elle contraste avec l'image d'un homme politique qui consacrera l'essentiel de son engagement journalistique et militant à la défense des catégories populaires, des ouvriers et des salariés précaires.
Il effectue une partie importante de sa scolarité à l'établissement privé catholique La Providence, à Amiens, où Emmanuel Macron sera également scolarisé. Il poursuit ensuite des études de lettres modernes à l'université de Picardie Jules Verne, où il obtient une maîtrise, avant d'intégrer le Centre de formation des journalistes, à Paris, dont il sort diplômé en 2002.
Son parcours intellectuel et professionnel se construit d'abord autour du journalisme, de l'écriture et de l'enquête sociale. En 1999, alors qu'il est encore étudiant, il fonde à Amiens le journal Fakir, publication satirique et critique qui s'intéresse particulièrement aux relations entre le pouvoir économique, les responsables politiques, les grandes entreprises et les populations confrontées aux difficultés sociales.
Le journal, initialement ancré dans la vie locale picarde, développe progressivement une audience nationale. Son indépendance éditoriale revendiquée, son refus de la publicité commerciale et son ton volontiers polémique constituent les principales caractéristiques de cette publication.
François Ruffin collabore également au Monde diplomatique et participe aux activités de critique des médias, notamment autour de l'association Acrimed. Il intervient pendant plusieurs années dans l'émission radiophonique Là-bas si j'y suis, animée par Daniel Mermet sur France Inter.
Son travail journalistique se caractérise par une attention particulière aux mécanismes économiques, aux fermetures d'usines, aux délocalisations industrielles et aux conséquences sociales des décisions prises par les grandes entreprises.
En 2003, il publie Les Petits Soldats du journalisme, ouvrage dans lequel il propose une critique de la formation journalistique et des rapports entre les médias et les élites économiques et politiques.
Cette approche constitue l'une des constantes de son parcours. François Ruffin considère que le journalisme ne doit pas se limiter à reproduire les discours institutionnels, mais doit également rendre visibles les réalités sociales qui demeurent parfois éloignées des préoccupations dominantes du débat médiatique.
En 2016, il réalise le documentaire Merci Patron !, qui marque une étape décisive dans sa notoriété nationale. Le film raconte le combat d'une famille ouvrière confrontée aux conséquences d'une délocalisation industrielle et met en scène une confrontation avec l'univers économique du groupe LVMH et de son dirigeant Bernard Arnault.
Le documentaire rencontre un succès public important et obtient, en février 2017, le César du meilleur film documentaire. Il contribue également à populariser la critique des délocalisations, de la concentration des richesses et des rapports de pouvoir entre les grandes entreprises et les salariés.
François Ruffin réalise ensuite plusieurs documentaires consacrés aux mouvements sociaux et au monde du travail, notamment J'veux du soleil ! en 2019, consacré au mouvement des Gilets jaunes et réalisé avec Gilles Perret, Debout les femmes ! en 2021, également réalisé avec Gilles Perret, et Au boulot ! en 2024.
Ces films prolongent son activité journalistique en donnant la parole à des catégories professionnelles souvent peu présentes dans les grands débats politiques, notamment les aides à domicile, les agents d'entretien, les salariés précaires et les travailleurs occupant des emplois physiquement exigeants.
2 . IDENTITÉ POLITIQUE ET IDÉOLOGIE
François Ruffin appartient à une tradition de gauche sociale dont les principales références reposent sur la défense du monde du travail, la critique des inégalités économiques, la protection des services publics et la nécessité de réindustrialiser les territoires frappés par les fermetures d'entreprises.
Son orientation politique se distingue par une volonté de replacer les questions salariales, professionnelles et industrielles au centre du débat public.
Il considère que la gauche française a progressivement perdu une partie de son implantation dans les catégories populaires, notamment dans les territoires ruraux, les petites villes et les anciens bassins industriels. Il défend par conséquent une stratégie politique destinée à renouer avec ces populations en privilégiant les questions de pouvoir d'achat, d'emploi, de conditions de travail et de protection sociale.
Sur le plan économique, François Ruffin revendique une intervention importante de l'État dans les secteurs stratégiques, une politique industrielle destinée à limiter les délocalisations et une meilleure protection des salariés face aux décisions des grandes entreprises.
Il défend également une fiscalité plus redistributive, une amélioration des rémunérations et une reconnaissance accrue des métiers indispensables au fonctionnement de la société.
Son approche écologique repose sur l'idée que la transition environnementale ne peut être dissociée des questions sociales. Il défend notamment une politique de réindustrialisation compatible avec les objectifs climatiques, une amélioration des transports collectifs et des investissements publics permettant de réduire les inégalités territoriales.
François Ruffin se distingue également par son intérêt pour les territoires éloignés des grandes métropoles, notamment ceux qui ont subi les conséquences de la désindustrialisation et de la diminution des services publics.
Il considère que la fracture entre les grandes villes et une partie des territoires ruraux ou périurbains constitue un enjeu important pour la représentation politique des catégories populaires.
Son discours politique repose ainsi sur une articulation entre justice sociale, souveraineté industrielle, protection des travailleurs et écologie.
Sur le plan institutionnel, il défend une participation citoyenne accrue et une transformation des pratiques politiques, tout en accordant une place centrale au travail parlementaire et aux mobilisations sociales.
Contrairement aux organisations communistes révolutionnaires comme Lutte ouvrière ou Révolution permanente, François Ruffin ne défend pas l'abolition générale de la propriété privée des moyens de production. Son projet repose davantage sur une transformation de l'économie par la réglementation, la redistribution, l'intervention publique et la protection des secteurs stratégiques.
Son positionnement se distingue également de celui de Jean-Luc Mélenchon, notamment par une attention particulièrement affirmée aux questions industrielles, aux catégories ouvrières et aux territoires dans lesquels le Rassemblement national a développé une implantation électorale importante.
Cette différence d'approche contribuera progressivement à éloigner François Ruffin de La France insoumise et à l'amener à construire une organisation politique autonome.
3. ENGAGEMENT ET PARCOURS POLITIQUES
L'engagement politique de François Ruffin se développe initialement à travers le journalisme et les mobilisations sociales, avant de se traduire par une participation directe aux élections.
Son activité au sein de Fakir lui permet de construire des relations avec les syndicats, les salariés d'entreprises menacées de fermeture et les collectifs engagés contre les délocalisations.
En 2016, il participe au mouvement Nuit debout, qui se développe dans le contexte de la contestation contre la loi Travail. Son documentaire Merci Patron ! devient l'une des références culturelles de cette période de mobilisation.
En février 2017, il crée le mouvement Picardie debout ! et se présente aux élections législatives dans la première circonscription de la Somme.
Sa candidature bénéficie du soutien de plusieurs forces de gauche, notamment La France insoumise et le Parti communiste français.
Le 18 juin 2017, il est élu député de la Somme. Il rejoint alors le groupe parlementaire de La France insoumise à l'Assemblée nationale.
Cette élection marque son passage du journalisme militant à l'exercice d'un mandat parlementaire national.
Au Palais-Bourbon, François Ruffin se distingue par des interventions consacrées aux conditions de travail, aux inégalités salariales, à la protection des services publics et aux conséquences de la désindustrialisation.
Il participe également à plusieurs initiatives politiques visant à attirer l'attention sur les rémunérations des professions essentielles, notamment les personnels de santé, les aides à domicile et les salariés des métiers du soin.
Son travail parlementaire conserve une proximité avec les méthodes développées dans son activité journalistique, notamment l'utilisation de témoignages, de situations concrètes et de récits de salariés pour illustrer les conséquences des politiques économiques.
En 2019, il participe à la réalisation du documentaire J'veux du soleil !, consacré au mouvement des Gilets jaunes. Ce film lui permet d'explorer les revendications d'une mobilisation populaire largement implantée dans les territoires ruraux et périurbains.
En 2021, il réalise avec Gilles Perret Debout les femmes !, documentaire consacré aux métiers du lien, notamment les aides à domicile et les accompagnantes de personnes dépendantes.
En 2022, il est réélu député de la Somme sous l'étiquette de la Nouvelle Union populaire écologique et sociale, la NUPES.
Il poursuit alors son engagement parlementaire au sein du groupe de La France insoumise, tout en développant progressivement des divergences avec la stratégie politique et la communication de Jean-Luc Mélenchon.
Ces désaccords deviennent particulièrement visibles à l'occasion des élections législatives anticipées de 2024.
Après la dissolution de l'Assemblée nationale annoncée par Emmanuel Macron le 9 juin 2024, François Ruffin appelle rapidement à la constitution d'un nouveau Front populaire réunissant les différentes formations de gauche.
Cette initiative participe à la dynamique qui conduit à la création du Nouveau Front populaire, alliance électorale réunissant notamment La France insoumise, le Parti socialiste, les Écologistes et le Parti communiste français.
Mais les tensions avec la direction de La France insoumise s'accentuent durant cette campagne.
Le 4 juillet 2024, François Ruffin annonce qu'il ne siégera plus au sein du groupe parlementaire insoumis.
Le 7 juillet, il est réélu député de la première circonscription de la Somme avec 52,95 % des suffrages exprimés au second tour, face à la candidate du Rassemblement national.
Il rejoint ensuite le groupe Écologiste et Social à l'Assemblée nationale, aux côtés de plusieurs députés ayant également pris leurs distances avec La France insoumise.
Cette rupture marque une étape déterminante dans son évolution politique. François Ruffin entend désormais défendre une orientation autonome, centrée sur la reconstruction d'une gauche populaire, sociale et capable de dialoguer avec les électeurs des territoires industriels, ruraux et périurbains.
En juin 2025, son mouvement Picardie debout ! devient Debout !, organisation à vocation nationale dont il prend la présidence.
Cette transformation traduit sa volonté de dépasser son implantation picarde et de développer un projet politique destiné à l'ensemble du territoire français.
Le 26 janvier 2026, François Ruffin confirme publiquement son intention de participer à l'élection présidentielle de 2027, initialement dans le cadre d'une primaire unitaire de la gauche.
Cette démarche s'inscrit dans une stratégie de rassemblement autour des questions sociales, du travail, de la redistribution et de la protection des territoires.
Les désaccords entre les formations de gauche sur l'organisation et le périmètre de cette primaire compliquent cependant le processus. À l'automne 2026, François Ruffin maintient une démarche présidentielle autonome, tout en se déclarant ouvert à une compétition commune plus large entre les différentes sensibilités de gauche.
Il convient néanmoins de distinguer sa candidature déclarée d'une candidature officiellement validée pour le scrutin de 2027, laquelle nécessitera notamment la réunion des 500 présentations d'élus exigées par la législation électorale.
François Ruffin possède ainsi un parcours singulier dans la vie politique française. Journaliste devenu réalisateur, puis député, il a construit sa notoriété à travers des enquêtes consacrées aux inégalités économiques et aux conséquences sociales de la mondialisation.
Son engagement s'est progressivement transformé en une activité politique institutionnelle, sans abandonner les thèmes qui caractérisaient son travail journalistique.
Son évolution, depuis la création de Fakir en 1999 jusqu'à la constitution de Debout ! en 2025, illustre la volonté de construire une expression politique fondée sur les préoccupations matérielles des catégories populaires.
Son parcours permet également d'observer les transformations de la gauche française, notamment les tensions entre les stratégies de rupture institutionnelle, les projets de rassemblement électoral et la recherche d'une nouvelle implantation dans les territoires populaires.
À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, François Ruffin apparaît ainsi comme l'une des personnalités engagées dans la recomposition de la gauche française, avec un projet qui accorde une place centrale au travail, à l'industrie, aux services publics et aux inégalités territoriales.
Son itinéraire, du journalisme indépendant à l'Assemblée nationale, constitue une illustration des relations entre engagement médiatique, mobilisation sociale et représentation politique dans la France contemporaine.
4 . MON REGARD SUR FRANÇOIS RUFFIN
François Ruffin, là encore, un candidat électron libre qui a bénéficié du soutien de La France insoumise pour accéder à l'Assemblée nationale et qui, pour des raisons que je considère largement liées à des questions d'ego et d'ambition personnelle, a finalement décidé d'entrer en rupture avec la formation politique qui avait contribué à son élection.
Il quitte ainsi le groupe parlementaire de La France insoumise pour rejoindre le groupe Écologiste et Social. Précisons qu'il ne s'agit pas d'une adhésion au parti Les Écologistes, mais d'un changement de groupe parlementaire. La nuance mérite d'être soulignée, même si elle ne modifie pas fondamentalement mon interrogation sur la cohérence de son parcours politique. Manifestement, la gauche française autorise désormais des passages d'une formation à une autre avec une facilité que l'on connaissait déjà parfaitement à droite.
Mais le problème de François Ruffin ne se résume pas à celui d'une personnalité politique qui chercherait à exister à tout prix. Il me semble beaucoup plus profond. Ruffin nourrit manifestement des ambitions nationales et entend désormais construire sa propre trajectoire politique, quitte à entrer en concurrence avec la principale force électorale de la gauche radicale, celle qui lui avait apporté son soutien lors de son entrée à l'Assemblée nationale.
Je ne conteste évidemment pas à François Ruffin le droit de défendre ses convictions, de critiquer Jean-Luc Mélenchon ou de rompre avec une organisation dont il ne partagerait plus les orientations. La liberté politique suppose précisément la possibilité du désaccord. Mais cette liberté n'interdit pas de s'interroger sur les conséquences stratégiques des décisions individuelles, particulièrement lorsque la gauche française apparaît aussi divisée.
Car c'est bien là, à mes yeux, que se situe le véritable problème. À force de voir surgir des candidatures concurrentes, portées par des personnalités persuadées de pouvoir incarner à elles seules une alternative politique, la gauche risque de reproduire les divisions qui ont déjà marqué plusieurs élections présidentielles.
Cette multiplication des ambitions personnelles pourrait contribuer à disperser les suffrages au premier tour et à fragiliser les possibilités de rassemblement. Dans un contexte où l'extrême droite occupe une place majeure dans le paysage politique français, cette question ne peut être considérée comme secondaire.
Je trouve particulièrement regrettable que des responsables politiques qui affirment vouloir combattre l'extrême droite ne parviennent pas à dépasser leurs différends pour construire une stratégie commune. La compétition entre personnalités semble parfois prendre le pas sur la réflexion collective, alors même que les enjeux politiques et sociaux devraient imposer une autre hiérarchie des priorités.
Faut-il pour autant réduire François Ruffin à ses ambitions personnelles ? Son travail journalistique, son engagement auprès des salariés et ses interventions sur la désindustrialisation témoignent d'un parcours qui ne saurait être ignoré. Mais ces engagements ne répondent pas, à eux seuls, à la question de la stratégie présidentielle.
On peut défendre sincèrement les catégories populaires, dénoncer les injustices économiques et vouloir transformer la société, tout en prenant des décisions politiques dont les conséquences électorales méritent d'être interrogées.
C'est précisément ce que je reproche à François Ruffin. À mes yeux, il privilégie aujourd'hui la construction de sa propre stature nationale au détriment d'une réflexion suffisamment collective sur les conditions d'un rassemblement de la gauche.
Pour ma part, je refuse de considérer que la multiplication des candidatures constitue nécessairement une preuve de vitalité démocratique. Elle peut également traduire l'incapacité des formations politiques à surmonter leurs rivalités et à définir des objectifs communs.
Tous ceux qui affirment vouloir faire obstacle à l'extrême droite devraient, selon moi, réfléchir d'abord en termes de stratégie collective plutôt qu'en fonction de leurs trajectoires individuelles.
François Ruffin illustre à mes yeux cette contradiction entre une volonté affichée de défendre les intérêts populaires et une démarche présidentielle qui risque d'accentuer la fragmentation politique de la gauche.
Et c'est bien dommage, car son expérience journalistique, sa connaissance du monde du travail et son implantation dans la Somme auraient pu constituer des contributions importantes à une démarche collective plus large.
L'histoire politique française nous enseigne pourtant que les ambitions individuelles, lorsqu'elles ne s'inscrivent pas dans une stratégie commune, peuvent devenir des facteurs de division durables.
**À vouloir chacun incarner l'alternative, les responsables de gauche prennent le risque de ne plus parvenir à la construire ensemble.**
Gamal Abina
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RÉSIDENTIELLE FRANÇAISE 2027PORTRAIT POLITIQUE N° 02 : ANASSE KAZIB
Anasse Kazib, de la lutte syndicale à la révolution permanente, le parcours d'un cheminot devenu une figure du communisme révolutionnaire français.
Anasse Kazib est né le 2 janvier 1987 à Sarcelles, dans le département du Val-d'Oise, en région parisienne. De nationalité française, il est âgé de 39 ans en octobre 2026. Issu d'une famille ouvrière d'origine marocaine, dont les racines se situent notamment dans la région d'Essaouira, il grandit dans un environnement populaire marqué par les réalités sociales des banlieues françaises et les conditions de vie des familles issues de l'immigration.
Son père travaille à la SNCF, une entreprise publique qui occupera également une place centrale dans son propre parcours professionnel et militant. Son enfance et son adolescence se déroulent dans un contexte où les questions d'intégration sociale, de discriminations, d'emploi et d'inégalités économiques occupent une place importante dans la vie quotidienne de nombreuses familles.
Après sa scolarité secondaire, Anasse Kazib entreprend des études d'architecture, qu'il ne mène pas jusqu'à l'obtention d'un diplôme. Il s'oriente ensuite vers le monde du travail et rejoint la SNCF en 2012, où il exerce la profession d'aiguilleur, notamment sur le site ferroviaire du Bourget.
Cette activité professionnelle constitue un élément fondamental de son identité politique. Contrairement à de nombreux responsables politiques français ayant construit leur carrière dans les institutions, les cabinets ministériels ou les organisations partisanes, Anasse Kazib revendique son appartenance au monde ouvrier et son expérience directe des conditions de travail dans une grande entreprise de transport.
Il s'engage dans le syndicalisme au sein de SUD Rail, organisation appartenant à l'Union syndicale Solidaires, connue pour son positionnement combatif et sa participation aux mouvements sociaux dans le secteur ferroviaire.
Son activité syndicale lui permet de développer une expérience des négociations collectives, des conflits sociaux et des mobilisations professionnelles. Il participe notamment aux mouvements de contestation des réformes ferroviaires et des politiques de transformation de la SNCF.
Son engagement politique remonte cependant à ses années de jeunesse. En 2006, il participe aux mobilisations contre le contrat première embauche, le CPE, projet gouvernemental porté par Dominique de Villepin qui suscite une importante contestation étudiante et syndicale.
Ce mouvement constitue une étape significative dans la formation politique d'une génération de militants qui découvrent alors les manifestations, les assemblées générales, les grèves et les formes d'organisation collective.
Anasse Kazib s'inscrit progressivement dans les courants de l'extrême gauche révolutionnaire française, notamment ceux qui revendiquent l'héritage du marxisme et du trotskisme.
Il rejoint le Nouveau Parti anticapitaliste, le NPA, formation créée en 2009 autour de la Ligue communiste révolutionnaire et d'Olivier Besancenot. Ce parti entend rassembler différentes sensibilités de la gauche anticapitaliste autour d'une opposition au capitalisme et d'une perspective de transformation radicale de la société.
Au sein du NPA, Anasse Kazib participe au courant Révolution permanente, qui défend une orientation marxiste révolutionnaire et une stratégie politique centrée sur l'indépendance de classe, l'organisation des travailleurs et la perspective d'une révolution socialiste.
Ce courant s'inspire notamment de la tradition trotskiste et de la théorie de la révolution permanente développée par Léon Trotski.
Selon cette conception, les transformations démocratiques, sociales et économiques ne peuvent être pleinement réalisées sans une intervention politique autonome du monde du travail et sans une remise en cause des rapports de propriété capitalistes.
La révolution permanente repose également sur une conception internationaliste des luttes sociales. Elle considère que les transformations révolutionnaires ne peuvent être durablement limitées aux frontières d'un seul pays, en raison de l'interdépendance des économies et des rapports de domination internationaux.
Cette orientation distingue Anasse Kazib des responsables politiques appartenant à la gauche réformiste ou sociale-démocrate, mais également de certaines formations de gauche radicale qui privilégient une transformation du capitalisme à travers les institutions existantes.
Son engagement s'affirme particulièrement lors des mobilisations contre les réformes du droit du travail et des mouvements de grève dans le secteur ferroviaire.
En 2016, il participe au mouvement contre la loi Travail, dite loi El Khomri, qui suscite une importante contestation sociale en France.
En 2018, il intervient dans le contexte de la mobilisation des cheminots contre la réforme ferroviaire portée par le gouvernement d'Édouard Philippe.
Cette réforme, qui modifie notamment le cadre juridique de la SNCF et les conditions de recrutement des nouveaux salariés, provoque plusieurs mois de grèves et de manifestations.
Anasse Kazib devient alors l'une des figures syndicales médiatiquement identifiées du mouvement.
À partir de 2018, il intervient également dans l'émission Les Grandes Gueules, diffusée sur RMC, où il participe à des débats politiques et sociaux.
Cette présence médiatique lui permet d'acquérir une notoriété dépassant les cercles militants traditionnels de l'extrême gauche.
Il y défend régulièrement les revendications des travailleurs, critique les politiques économiques libérales et intervient sur les questions de racisme, de discriminations, de services publics et de rapports sociaux.
Sa participation à cette émission constitue une particularité de son parcours. Peu de militants issus des organisations trotskistes bénéficient d'une exposition régulière dans un programme radiophonique national réunissant des intervenants de sensibilités politiques très différentes.
Cette visibilité contribue à faire connaître son nom auprès d'un public qui ne fréquente pas nécessairement les organisations syndicales ou révolutionnaires.
En 2021, des divergences stratégiques et organisationnelles conduisent à la rupture entre le courant Révolution permanente et le Nouveau Parti anticapitaliste.
Révolution permanente devient alors une organisation politique indépendante, dont Anasse Kazib constitue l'une des principales figures publiques.
Cette séparation traduit des désaccords sur la stratégie révolutionnaire, les alliances politiques et les modalités de construction d'une organisation communiste indépendante.
Le mouvement revendique une orientation trotskiste, anticapitaliste et internationaliste, avec une attention particulière portée à l'organisation des travailleurs, aux mobilisations de la jeunesse et aux luttes contre les discriminations.
Anasse Kazib devient l'un des porte-parole les plus visibles de cette nouvelle formation.
À l'approche de l'élection présidentielle de 2022, il annonce sa volonté de présenter sa candidature au nom de Révolution permanente.
Cette démarche vise notamment à donner une visibilité nationale à son organisation et à défendre un programme communiste révolutionnaire distinct de celui des autres formations de gauche.
Sa candidature se heurte cependant aux règles institutionnelles françaises. Pour participer officiellement à l'élection présidentielle, un prétendant doit obtenir au moins 500 présentations d'élus répondant aux conditions fixées par la législation électorale.
Anasse Kazib ne parvient pas à réunir le nombre nécessaire de parrainages.
Il ne figure donc pas parmi les candidats officiellement retenus pour l'élection présidentielle de 2022 et ne participe pas au scrutin.
Il est important de distinguer cette tentative de candidature d'une participation électorale effective. Contrairement à Nathalie Arthaud, candidate officielle de Lutte ouvrière, Anasse Kazib ne dispose d'aucun résultat électoral personnel à l'élection présidentielle de 2022.
Cet épisode met néanmoins en lumière les difficultés rencontrées par les petites organisations politiques pour accéder à la compétition présidentielle.
Le système des 500 parrainages, conçu pour encadrer l'accès à l'élection et éviter la multiplication des candidatures dépourvues de soutien institutionnel, fait régulièrement l'objet de critiques de la part de formations minoritaires.
Celles-ci considèrent que ce dispositif peut limiter la représentation de certains courants politiques, notamment lorsqu'ils ne disposent pas d'un réseau important d'élus locaux.
Pour Révolution permanente, la campagne de 2022 constitue donc essentiellement une opération de mobilisation militante et de visibilité politique.
Sur le plan idéologique, Anasse Kazib revendique une conception révolutionnaire du communisme, fondée sur une lecture marxiste des rapports économiques et sociaux.
Il considère que le capitalisme repose sur une contradiction fondamentale entre les propriétaires des moyens de production et les travailleurs qui produisent les richesses.
Selon cette analyse, les inégalités sociales, les crises économiques et la précarité ne constituent pas de simples dysfonctionnements du système, mais découlent de son organisation même.
Il défend ainsi une transformation radicale des rapports de propriété, une remise en cause du pouvoir économique des grandes entreprises et une organisation de la production fondée sur les besoins collectifs plutôt que sur la recherche du profit privé.
Cette perspective se distingue des programmes de la gauche réformiste, qui cherchent principalement à corriger les inégalités par la fiscalité, les services publics et la redistribution.
Anasse Kazib considère que ces mécanismes, même lorsqu'ils permettent des améliorations sociales, ne suffisent pas à supprimer les rapports de domination économique.
Il revendique donc une transformation révolutionnaire de la société, reposant sur l'organisation collective des travailleurs et leur capacité à prendre le contrôle des principaux secteurs de l'économie.
Cette orientation se traduit par une défense constante des mouvements de grève, des mobilisations syndicales et des revendications salariales.
Révolution permanente défend notamment l'augmentation générale des salaires, la protection de l'emploi, l'interdiction des licenciements et le contrôle des entreprises par les travailleurs.
Le mouvement revendique également une réduction du temps de travail et une répartition de l'activité professionnelle permettant de lutter contre le chômage.
Sur la question des retraites, il défend le retour à un âge légal de départ à 60 ans, avec des dispositions plus favorables pour les professions pénibles.
Cette approche s'inscrit dans une tradition communiste révolutionnaire qui considère que les conquêtes sociales résultent principalement des mobilisations collectives et des rapports de force entre les salariés et les détenteurs du capital.
Anasse Kazib accorde également une place importante aux questions de racisme et de discriminations.
Son parcours personnel et son engagement politique l'amènent à dénoncer les inégalités auxquelles sont confrontées certaines populations issues de l'immigration, notamment dans l'accès à l'emploi, au logement et aux services publics.
Il défend une conception internationaliste de la solidarité entre les travailleurs et considère que les divisions fondées sur les origines nationales, ethniques ou religieuses peuvent contribuer à affaiblir les mobilisations sociales.
Son discours s'oppose ainsi aux orientations nationalistes et identitaires de l'extrême droite française.
Il considère que les difficultés économiques rencontrées par les catégories populaires ne peuvent être imputées aux populations immigrées, mais doivent être analysées à travers les rapports de production et les choix économiques.
Cette position s'inscrit dans la tradition internationaliste du mouvement communiste révolutionnaire.
Sur le plan international, Anasse Kazib défend une critique de l'impérialisme et des interventions militaires des grandes puissances.
Il considère que les rivalités géopolitiques doivent être examinées à travers les intérêts économiques, les rapports de domination et les stratégies des États.
Il revendique une solidarité avec les peuples confrontés à l'occupation, à la domination coloniale ou aux politiques de répression.
La question palestinienne occupe une place importante dans ses interventions publiques et dans celles de Révolution permanente.
Le mouvement soutient les droits nationaux du peuple palestinien et dénonce la politique menée par les autorités israéliennes dans les territoires palestiniens.
Cette orientation s'inscrit dans une lecture anticolonialiste et internationaliste des relations internationales.
Anasse Kazib se distingue également par son rapport à la jeunesse militante.
Révolution permanente développe une présence dans les mobilisations étudiantes, les mouvements sociaux et les campagnes de solidarité internationale.
Le mouvement cherche à établir des liens entre les revendications du monde du travail et celles des jeunes confrontés à la précarité, aux difficultés d'accès à l'emploi et aux inégalités sociales.
Cette stratégie repose sur l'idée que les transformations révolutionnaires nécessitent une convergence entre les différentes catégories de salariés, les étudiants et les populations confrontées à des situations de domination économique.
Sur le plan de l'organisation politique, Révolution permanente défend la construction d'un parti révolutionnaire indépendant des formations gouvernementales traditionnelles.
Le mouvement considère que les alliances électorales avec des organisations réformistes peuvent conduire à abandonner les objectifs fondamentaux de transformation du système économique.
Cette conception explique les divergences importantes qui existent entre Révolution permanente et La France insoumise.
Si les deux organisations partagent certaines critiques du libéralisme économique et certaines revendications sociales, elles ne poursuivent pas les mêmes objectifs institutionnels et économiques.
La France insoumise défend une transformation profonde de l'organisation économique à travers l'intervention publique, la planification écologique, la redistribution et une réforme des institutions.
Révolution permanente considère pour sa part que les contradictions du capitalisme ne peuvent être résolues sans une transformation révolutionnaire des rapports de propriété et du pouvoir politique.
Cette différence idéologique constitue un élément central pour comprendre la place d'Anasse Kazib dans le paysage politique français.
Il appartient à une tradition militante qui refuse de considérer les élections comme le principal instrument de transformation sociale.
Pour lui, les campagnes électorales constituent avant tout des occasions de faire connaître les revendications révolutionnaires, de développer l'organisation militante et de diffuser une critique du capitalisme.
Cette conception explique pourquoi Révolution permanente accorde une importance particulière aux mobilisations dans les entreprises, aux conflits sociaux et aux mouvements de jeunesse.
En juin 2026, Anasse Kazib annonce une nouvelle démarche de candidature dans la perspective de l'élection présidentielle de 2027.
Cette initiative s'inscrit dans la continuité de sa tentative de 2022 et traduit la volonté de Révolution permanente de disposer d'une expression politique autonome dans la compétition présidentielle.
Sa participation effective au scrutin demeure toutefois conditionnée à l'obtention des 500 parrainages nécessaires et à la validation de sa candidature par les autorités compétentes.
Son parcours présente plusieurs particularités dans le paysage politique français.
Il est issu d'un milieu ouvrier, exerce une profession dans le secteur ferroviaire, possède une expérience syndicale et revendique une orientation communiste révolutionnaire.
Sa notoriété s'est construite à la fois dans les mobilisations sociales, les organisations politiques d'extrême gauche et les médias nationaux.
Cette combinaison entre activité professionnelle, engagement syndical, militantisme révolutionnaire et présence médiatique le distingue de nombreux responsables politiques traditionnels.
Elle le rapproche également d'une tradition historique du mouvement ouvrier français, dans laquelle les représentants politiques revendiquent leur appartenance directe au monde du travail.
Son itinéraire illustre par ailleurs les transformations contemporaines du militantisme d'extrême gauche.
Alors que les grandes organisations révolutionnaires du XXe siècle s'appuyaient principalement sur les entreprises industrielles, les syndicats et les structures partisanes, les mouvements contemporains doivent également composer avec les réseaux sociaux, les nouveaux modes de communication et les transformations sociologiques du salariat.
Révolution permanente cherche ainsi à articuler une tradition idéologique issue du marxisme révolutionnaire avec les outils de communication et les formes de mobilisation du XXIe siècle.
Cette évolution permet à des militants comme Anasse Kazib de bénéficier d'une visibilité publique sans disposer nécessairement d'une représentation parlementaire ou d'un appareil politique comparable à celui des grandes formations nationales.
Elle ne garantit cependant pas une traduction électorale de cette notoriété.
L'absence de participation officielle à l'élection présidentielle de 2022 ne permet pas de mesurer directement son audience électorale personnelle à l'échelle nationale.
À l'approche de l'élection présidentielle de 2027, Anasse Kazib demeure ainsi une figure identifiée du communisme révolutionnaire français, dont l'influence s'exerce principalement à travers le militantisme, les mobilisations sociales et la communication politique.
Son parcours permet d'observer la permanence d'un courant trotskiste qui continue de défendre la nécessité d'une transformation révolutionnaire de la société, malgré les mutations économiques, sociales et politiques intervenues depuis la fin du XXe siècle.
Il témoigne également de la diversité des sensibilités présentes à gauche du paysage politique français, entre social-démocratie, gauche réformiste, gauche radicale et communisme révolutionnaire.
De ses premières mobilisations contre le CPE à son engagement syndical dans le secteur ferroviaire, de sa participation au Nouveau Parti anticapitaliste à la construction de Révolution permanente, Anasse Kazib a progressivement développé une identité politique fondée sur l'indépendance de classe, l'anticapitalisme et l'internationalisme.
Son parcours illustre finalement la volonté d'une nouvelle génération de militants révolutionnaires de maintenir une expression politique autonome, tout en cherchant à adapter les formes d'organisation et de communication aux réalités sociales contemporaines.
Anasse Kazib incarne ainsi une tradition politique qui considère que les transformations fondamentales de la société ne peuvent résulter de la seule alternance électorale, mais nécessitent une mobilisation collective du monde du travail et une remise en cause des structures économiques du capitalisme.
MON REGARD SUR ANASSE KAZIB
Anasse Kazib, l'anticapitalisme révolutionnaire face aux contradictions de son époque.
Anasse Kazib, que j'ai eu l'occasion de recevoir à la radio France Maghreb 2, appartient à cette génération de militants issus des quartiers populaires qui ont fait de la lutte contre les inégalités sociales et l'exploitation économique le fondement de leur engagement politique. Français d'origine marocaine, né à Sarcelles, cheminot de profession et syndicaliste engagé, il représente assez fidèlement ce que l'on pourrait appeler un pur produit de l'extrême gauche révolutionnaire française.
Son parcours possède une certaine cohérence. Issu d'un milieu ouvrier, il a construit son engagement autour de la défense des salariés, de la dénonciation des rapports de domination économique et de son opposition à un capitalisme ultralibéral dont il considère qu'il constitue la principale source des injustices sociales.
Il serait évidemment injuste de contester la légitimité de ce combat. Défendre les travailleurs, dénoncer les inégalités, combattre la précarité et revendiquer une meilleure répartition des richesses constituent des engagements qui méritent d'être entendus, quelles que soient les divergences idéologiques que l'on peut entretenir avec ceux qui les portent.
Mais, comme pour Nathalie Arthaud et Lutte ouvrière, la question qui se pose est celle de l'adéquation entre cette lecture révolutionnaire de la société et les réalités économiques, sociales et géopolitiques du XXIe siècle.
Car le monde a profondément changé.
En 1989, la chute du mur de Berlin symbolisait l'effondrement des espoirs placés dans le modèle communiste soviétique. Deux ans plus tard, en décembre 1991, l'Union soviétique disparaissait officiellement, entraînant avec elle la désagrégation d'un système politique, économique et idéologique qui avait structuré une grande partie du XXe siècle.
Depuis, les expériences communistes encore existantes ont elles-mêmes profondément évolué.
La Chine, tout en conservant le monopole politique du Parti communiste, a progressivement intégré les mécanismes de l'économie de marché, développé un secteur privé considérable et construit sa puissance industrielle sur une articulation singulière entre intervention de l'État, planification stratégique et capitalisme.
Cuba, autrefois présentée comme l'un des symboles de la résistance révolutionnaire au capitalisme occidental, traverse depuis des années une crise économique et sociale profonde, qui révèle les limites de son modèle de développement.
Quant à la Corée du Nord, elle constitue difficilement une référence susceptible de susciter l'adhésion de populations attachées aux libertés publiques, au pluralisme politique et à la démocratie.
Autrement dit, le modèle communiste tel qu'il fut présenté pendant une grande partie du siècle dernier a largement perdu sa capacité à incarner une alternative crédible et universelle au capitalisme.
Cela ne signifie évidemment pas que le capitalisme aurait triomphé de toutes ses contradictions. Les inégalités de patrimoine, la concentration des richesses, la financiarisation de l'économie et la précarisation de certaines catégories de travailleurs démontrent quotidiennement que les critiques adressées au système économique dominant conservent toute leur pertinence.
Mais dénoncer les défaillances du capitalisme ne suffit pas à démontrer la viabilité du modèle destiné à le remplacer.
C'est précisément dans cette contradiction que me semble se situer Anasse Kazib.
Son discours politique demeure profondément attaché à une lecture révolutionnaire des rapports économiques, dans laquelle l'émancipation des travailleurs passe nécessairement par une rupture radicale avec le système capitaliste.
Or, cette perspective apparaît aujourd'hui décalée par rapport aux transformations considérables des sociétés contemporaines, aux nouvelles aspirations des salariés et à la complexité croissante des économies mondialisées.
À cette difficulté idéologique vient s'ajouter une autre contradiction, cette fois purement politique.
Anasse Kazib a déjà connu une rupture avec le Nouveau Parti anticapitaliste, dont il était issu avant de participer à la constitution de Révolution permanente. Cette séparation illustre les divergences qui traversent depuis longtemps les organisations de l'extrême gauche française, souvent divisées sur leurs stratégies, leurs méthodes d'action et leurs conceptions de la révolution.
En 2022, il avait déjà tenté de participer à l'élection présidentielle, sans parvenir à réunir les 500 signatures nécessaires. Il envisage désormais une nouvelle candidature pour 2027, alors même que sa formation politique demeure extrêmement minoritaire dans le paysage électoral français.
Il faut d'ailleurs rappeler qu'il ne s'agirait pas de sa deuxième participation effective à une présidentielle, puisqu'il n'avait pas pu être candidat officiellement en 2022, mais de sa deuxième tentative de candidature.
La question que je me pose est donc simple : quelle est la finalité politique réelle de cette démarche ?
S'agit-il de défendre un programme révolutionnaire devant les électeurs, de construire une organisation militante plus visible ou de participer véritablement à une recomposition des rapports de force politiques ?
Car, au regard de l'audience électorale des organisations trotskistes et de la faiblesse de l'implantation institutionnelle de Révolution permanente, il me paraît difficile d'imaginer qu'une telle candidature puisse, à elle seule, transformer les équilibres politiques nationaux.
Il serait naturellement hasardeux de lui attribuer à l'avance un résultat électoral précis. Mais les difficultés rencontrées en 2022 pour obtenir les parrainages et l'absence d'une base électorale nationale significative constituent des éléments objectifs qui invitent à interroger cette stratégie.
Et c'est ici que mon désaccord devient fondamental.
Dans une élection présidentielle organisée selon un scrutin majoritaire à deux tours, la multiplication des candidatures appartenant à des familles politiques voisines peut contribuer à disperser les suffrages du premier tour. Cette dispersion n'entraîne pas mécaniquement la défaite d'un camp, car les électeurs ne sont pas interchangeables, mais elle peut compliquer les stratégies de rassemblement.
Anasse Kazib aurait, à mon sens, davantage intérêt à rechercher un accord politique avec des formations disposant d'une implantation électorale plus importante, notamment La France insoumise ou certaines composantes de l'écologie politique.
Je n'ignore évidemment pas les différences doctrinales considérables qui séparent Révolution permanente de ces organisations. Mais la politique suppose également de distinguer les objectifs idéologiques de long terme des rapports de force immédiats.
Or, l'enjeu de l'élection présidentielle de 2027 ne peut être dissocié de la place prise par le Rassemblement national dans la vie politique française.
C'est précisément ce qui devrait conduire les formations de gauche à s'interroger sur les conséquences de leurs divisions.
À quoi sert de multiplier les candidatures révolutionnaires si celles-ci ne permettent ni d'accéder au second tour, ni de construire un rassemblement suffisamment large pour peser sur les orientations politiques du pays ?
Il me revient ici cette expression d'« idiot utile », régulièrement attribuée à Lénine, même si aucune source historique suffisamment solide ne permet d'en confirmer la paternité.
Au-delà de cette attribution incertaine, l'expression désigne une situation politique particulière, celle dans laquelle un acteur peut, sans le vouloir et parfois sans même en mesurer les conséquences, contribuer à renforcer les intérêts de ceux qu'il prétend combattre.
C'est le paradoxe que je vois dans la stratégie d'Anasse Kazib.
En revendiquant une indépendance révolutionnaire absolue, il pourrait contribuer à entretenir la fragmentation d'une gauche qui peine déjà à construire une stratégie commune. Cette fragmentation peut, selon les configurations électorales, bénéficier à ses adversaires politiques.
Je ne prétends pas que les électeurs susceptibles de soutenir Anasse Kazib se reporteraient automatiquement sur Jean-Luc Mélenchon ou sur un candidat écologiste. Mais je considère qu'une démarche de rassemblement, fondée sur un programme commun limité à certaines priorités sociales et démocratiques, mériterait d'être examinée avant de privilégier une nouvelle candidature de témoignage.
L'histoire des mouvements révolutionnaires est traversée par cette contradiction permanente entre la fidélité à une doctrine et la nécessité de construire des alliances.
Et il arrive un moment où la préservation de l'identité politique d'une organisation peut devenir un obstacle à la réalisation des objectifs qu'elle prétend défendre.
Pour ma part, je considère qu'Anasse Kazib devrait renoncer à cette nouvelle tentative présidentielle et engager une réflexion sur les possibilités de convergence avec les autres formations de gauche.
Il ne s'agirait pas de lui demander d'abandonner ses convictions, encore moins de renoncer à son engagement syndical et anticapitaliste, mais de mesurer les conséquences stratégiques de ses choix.
Car le danger politique que je considère aujourd'hui comme prioritaire n'est pas simplement celui d'une nouvelle victoire de la droite traditionnelle.
C'est celui de l'accession de l'extrême droite au pouvoir.
Et face à cette perspective, je crois que les formations qui prétendent défendre les travailleurs, les catégories populaires et les libertés démocratiques devraient s'interroger sur leur capacité à dépasser leurs divisions.
Anasse Kazib a construit sa légitimité militante dans les luttes sociales, dans les mobilisations ouvrières et dans la défense de ceux qui subissent les difficultés économiques. Cet engagement mérite d'être reconnu.
Mais il reste à démontrer que sa stratégie présidentielle constitue le prolongement le plus efficace de ce combat.
Car la fidélité à une révolution que l'on espère ne doit pas empêcher de comprendre les réalités politiques du présent. Et vouloir combattre un système ne suffit pas si les choix stratégiques que l'on adopte contribuent, même involontairement, à préserver les rapports de force que l'on dénonce.
Gamal Abina
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Nom : ARTHAUD
Prénoms : Nathalie Yvonne Thérèse
Date de naissance : 23 février 1970
Lieu de naissance : Peyrins, Drôme, France
Âge : 56 ans
Nationalité : Française
Origines familiales : Nathalie Arthaud grandit dans un milieu familial modeste de la Drôme. Son père exerce la profession de garagiste et sa mère travaille dans la comptabilité. Elle est également petite-fille d'agriculteurs.
Formation scolaire et universitaire : Elle poursuit une partie de ses études secondaires à Lyon, notamment au lycée Lumière, dans une filière sport-études consacrée au volley-ball. Elle fréquente ensuite les classes préparatoires du lycée du Parc à Lyon. Elle réussit le concours du CAPET, certificat d'aptitude au professorat de l'enseignement technique, puis celui de l'agrégation d'économie et gestion. Les dates d'obtention de ces concours ne sont pas précisément établies dans les sources publiques consultées.
Expérience professionnelle : Enseignante de l'Éducation nationale, Nathalie Arthaud exerce notamment dans les établissements de Rillieux-la-Pape et de Villeurbanne, dans la région lyonnaise. À partir de 2011, elle enseigne au lycée Le Corbusier d'Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, dans les disciplines économiques et de gestion. Elle a conservé son activité professionnelle parallèlement à ses responsabilités politiques et à ses campagnes électorales.
Parti politique : Lutte ouvrière, généralement désigné par le sigle LO.
Adhésion : 1988, à l'âge de 18 ans.
Fonction principale : Porte-parole nationale de Lutte ouvrière depuis décembre 2008, succédant à Arlette Laguiller dans cette fonction.
Courant politique : Extrême gauche communiste révolutionnaire, de tradition trotskiste et internationaliste.
Fondements idéologiques : Lutte ouvrière se réclame du marxisme révolutionnaire et de l'héritage politique de Léon Trotski. Le parti considère que les rapports sociaux sont structurés par l'opposition entre les propriétaires des moyens de production et les travailleurs salariés.
Contrairement aux formations politiques qui entendent réformer progressivement le capitalisme, Lutte ouvrière défend son dépassement révolutionnaire. Son objectif déclaré est la transformation des rapports de propriété et l'organisation de la production sous le contrôle collectif des travailleurs.
L'organisation se réfère à la révolution russe de 1917, tout en rejetant le stalinisme et la bureaucratisation de l'Union soviétique. Elle revendique l'internationalisme prolétarien et considère que les intérêts fondamentaux des travailleurs dépassent les frontières nationales.
Sur le plan économique, Lutte ouvrière défend notamment l'expropriation des grandes entreprises capitalistes et des banques, le contrôle des travailleurs sur les comptes des entreprises, l'interdiction des licenciements et l'augmentation générale des salaires.
Sur le plan institutionnel, elle critique le fonctionnement des institutions de la Ve République, qu'elle considère comme des instruments de préservation de l'ordre social capitaliste. Sa participation aux élections est principalement conçue comme un moyen de faire connaître ses idées et de défendre les revendications du monde du travail.
L'engagement politique de Nathalie Arthaud prend forme durant son adolescence, dans les années 1980. Sensibilisée aux inégalités sociales et aux questions internationales, elle connaît une première expérience militante au sein de la Jeunesse communiste, avant de rejoindre Lutte ouvrière en 1988.
Elle s'inscrit alors dans la tradition du militantisme trotskiste français, qui privilégie l'organisation des travailleurs et l'intervention politique dans les entreprises et les milieux populaires.
Pendant près de vingt ans, elle poursuit son engagement au sein de Lutte ouvrière avant d'accéder à une visibilité politique nationale. En 2007, elle participe à la campagne présidentielle d'Arlette Laguiller en qualité de porte-parole. L'année suivante, elle est élue conseillère municipale de Vaulx-en-Velin, dans le Rhône, sur une liste conduite par le Parti communiste français. Elle exerce ce mandat jusqu'en 2014.
En décembre 2008, elle devient porte-parole nationale de Lutte ouvrière, prenant la succession d'Arlette Laguiller, qui avait incarné le mouvement pendant plusieurs décennies et participé à six élections présidentielles entre 1974 et 2007.
2012 0,56 %
Suffrages exprimés
2017 0,64 %
Suffrages exprimés
2022 0,56 %
Suffrages exprimés
Nathalie Arthaud est candidate à l'élection présidentielle en 2012, 2017 et 2022. Ses trois campagnes sont construites autour de la défense du monde du travail, de la dénonciation de l'exploitation capitaliste et de la nécessité, selon elle, d'une transformation révolutionnaire de la société.
Elle refuse traditionnellement de donner une consigne de soutien aux candidats des partis de gouvernement au second tour et revendique son choix personnel de voter blanc.
Parallèlement, elle conduit plusieurs listes aux élections européennes, régionales et municipales, et participe à des élections législatives. Ces candidatures lui permettent de maintenir une présence régulière dans le débat politique national.
Le 8 décembre 2025, Nathalie Arthaud annonce officiellement sa candidature à l'élection présidentielle de 2027, à l'issue d'un congrès de Lutte ouvrière.
Il s'agit de sa quatrième candidature présidentielle consécutive. Elle entend défendre une campagne communiste, révolutionnaire et internationaliste, centrée sur les intérêts des travailleurs, la hausse des rémunérations, la lutte contre les licenciements et la contestation du système capitaliste.
Sa candidature est déclarée, mais elle reste soumise à la procédure de validation officielle, notamment au recueil des 500 parrainages.
4. MON REGARD SUR NATHALIE ARTHAUD.
Nathalie Arthaud, une révolutionnaire prisonnière du siècle dernier ?
Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, appartient à cette famille politique de l'extrême gauche française qui revendique sans ambiguïté son anticapitalisme, son engagement révolutionnaire et sa fidélité à la classe ouvrière. Ces formations doivent être considérées pour ce qu'elles sont, des organisations profondément attachées à une lecture marxiste des rapports sociaux, dont les militants défendent avec une constance certaine les intérêts du monde du travail.
Il serait injuste de contester la sincérité de cet engagement. Nathalie Arthaud cultive une proximité réelle avec les catégories populaires, et son parcours professionnel d'enseignante contribue à la distinguer d'une grande partie du personnel politique traditionnel. Elle n'est pas issue de ces cercles de pouvoir où l'on passe des grandes écoles aux cabinets ministériels avant d'entreprendre une carrière électorale. Elle appartient à une tradition militante dans laquelle la politique se présente d'abord comme un combat collectif.
Mais c'est précisément là que commence, selon moi, le problème.
Car cette fidélité idéologique s'accompagne d'une lecture des rapports économiques et sociaux qui semble parfois appartenir à un autre siècle. Lutte ouvrière continue de construire l'essentiel de son discours autour de la lutte des classes, comme si les structures du monde du travail étaient demeurées celles de la grande industrie du XXe siècle.
Or, le XXIe siècle a consacré, particulièrement en Occident, la domination du secteur tertiaire dans l'emploi salarié. Les employés du commerce, les personnels administratifs, les travailleurs de la santé, de l'éducation, des transports, de la logistique ou encore des services numériques constituent désormais une part considérable du monde du travail.
Certes, ces salariés n'échappent ni à l'exploitation économique, ni à la précarité, ni à la pénibilité. Certains subissent même des conditions particulièrement difficiles. Mais leurs réalités professionnelles, leurs aspirations, leurs modes d'organisation et leurs rapports au travail ne se confondent plus nécessairement avec ceux des ouvriers des grandes concentrations industrielles du siècle dernier.
Cette mutation profonde aurait dû conduire les organisations révolutionnaires à repenser leur discours, leurs catégories d'analyse et leurs stratégies politiques. Au lieu de cela, Lutte ouvrière semble parfois enfermée dans une représentation presque immuable de la société, où les antagonismes contemporains sont systématiquement interprétés à travers les grilles de lecture héritées de l'industrialisation.
Nathalie Arthaud cultive également l'image d'une femme du peuple, travailleuse, accessible, dotée d'un franc-parler populaire qui peut susciter une certaine sympathie. Pourtant, cette sympathie ne se traduit pratiquement jamais dans les urnes. Ses résultats aux élections présidentielles demeurent systématiquement inférieurs à 1 % des suffrages exprimés.
Mais le véritable sujet qui mérite, à mes yeux, d'être interrogé ne réside pas uniquement dans cette faiblesse électorale.
Il concerne un phénomène beaucoup plus intéressant, celui de sa capacité répétée à réunir les fameuses 500 signatures indispensables pour participer à l'élection présidentielle.
Comment une formation politique qui dispose d'une audience électorale aussi réduite, d'une représentation institutionnelle extrêmement limitée et de si peu d'élus parvient-elle, à chaque échéance présidentielle, à franchir cet obstacle que d'autres personnalités politiques, parfois beaucoup plus visibles, ne réussissent pas à surmonter ?
La question mérite d'être posée.
Car le parrainage présidentiel n'est pas nécessairement l'expression d'une adhésion politique. Un élu peut parfaitement parrainer un candidat sans partager ses convictions, simplement parce qu'il considère légitime que celui-ci participe au débat démocratique. C'est d'ailleurs l'une des justifications de ce dispositif institutionnel.
Mais il serait également naïf d'ignorer que les stratégies électorales peuvent intégrer la multiplication des candidatures concurrentes.
Je m'interroge donc sur l'origine politique de ces parrainages. Quelle proportion provient d'élus de droite, de gauche ou sans étiquette ? Existe-t-il une logique de pluralisme démocratique ou certaines formations trouvent-elles un intérêt stratégique à favoriser la présence de candidatures susceptibles de disperser les suffrages de leurs adversaires ?
Je n'affirme pas que la droite organise les parrainages de Nathalie Arthaud. Une telle hypothèse demanderait une démonstration fondée sur l'examen précis des signatures publiées par le Conseil constitutionnel. Mais la question des intérêts politiques que peut servir la multiplication des candidatures mérite incontestablement d'être étudiée.
L'histoire politique française a montré à plusieurs reprises que la fragmentation d'un camp pouvait bénéficier à ses adversaires. Les stratégies consistant à exploiter les divisions internes, à encourager certaines rivalités ou à tirer profit de la présence de formations concurrentes ne constituent pas une nouveauté dans la vie politique.
Dès lors, comment ne pas s'interroger sur les conséquences électorales de la présence répétée d'une candidature révolutionnaire qui ne recueille qu'une fraction infime des suffrages ?
L'autre contradiction fondamentale réside dans le projet de société défendu par Nathalie Arthaud.
Lutte ouvrière entend dépasser le capitalisme, transformer les rapports de propriété et substituer à l'organisation économique actuelle un système reposant sur le contrôle collectif des moyens de production. Cette ambition s'inscrit dans une tradition communiste qui a profondément marqué l'histoire politique contemporaine.
Mais cette tradition ne peut être dissociée des expériences historiques qui ont prétendu s'en réclamer.
Le communisme d'État du XXe siècle a connu des échecs économiques, des dérives bureaucratiques et, dans plusieurs pays, des formes particulièrement sévères d'autoritarisme. Il serait certes intellectuellement contestable de confondre mécaniquement le trotskisme revendiqué par Lutte ouvrière avec le stalinisme, auquel cette organisation s'oppose historiquement. Mais cette distinction ne dispense pas Nathalie Arthaud d'expliquer comment le système qu'elle propose éviterait les impasses rencontrées par les expériences communistes passées.
Déconstruire un ordre économique et social est une ambition politique. Démontrer que celui qui doit lui succéder serait plus efficace, plus démocratique et plus respectueux des libertés individuelles en est une autre.
Et c'est précisément sur ce terrain que le discours révolutionnaire de Lutte ouvrière me paraît insuffisamment convaincant.
Reste enfin la question essentielle de sa participation à l'élection présidentielle de 2027.
Si sa candidature est validée, Nathalie Arthaud participera pour la quatrième fois consécutive à cette compétition électorale. Elle défendra une nouvelle fois un programme dont les fondements idéologiques demeurent remarquablement constants, malgré les transformations considérables de la société française.
Mais dans un contexte de fragmentation des forces politiques, cette candidature pose une question stratégique.
À force de vouloir préserver une pureté doctrinale, ne risque-t-on pas de contribuer indirectement au maintien des rapports de force que l'on prétend combattre ?
C'est ici que me vient à l'esprit l'expression de l'« idiot utile », souvent attribuée à Lénine, même si cette attribution historique demeure incertaine. Elle désigne une personne ou une organisation dont l'action finit par servir, parfois malgré elle, les intérêts d'un camp auquel elle entend précisément s'opposer.
Je crains que Nathalie Arthaud, en persistant dans une candidature dont les résultats électoraux demeurent extrêmement faibles, ne contribue à une dispersion supplémentaire des voix de gauche, susceptible de profiter à la droite ou à l'extrême droite.
Cette analyse ne signifie évidemment pas que les électeurs de Lutte ouvrière se reporteraient automatiquement sur une autre candidature de gauche. Les comportements électoraux sont plus complexes et les différences idéologiques entre les formations ne peuvent être ignorées. Mais la question de l'efficacité politique mérite d'être posée à celles et ceux qui prétendent transformer la société.
À quoi sert une candidature révolutionnaire si elle ne parvient ni à construire une force électorale significative, ni à peser véritablement sur les institutions, ni à modifier durablement les rapports de force politiques ?
Pour ma part, je considère que Nathalie Arthaud devrait renoncer à cette nouvelle candidature et envisager un soutien à Jean-Luc Mélenchon, dont La France insoumise représente une force électorale bien plus importante au sein de la gauche radicale.
Je mesure parfaitement la distance idéologique qui sépare les deux formations. Lutte ouvrière ne partage ni la stratégie institutionnelle ni l'ensemble des orientations de La France insoumise. Mais il arrive un moment où la question de l'efficacité politique doit être confrontée à celle de la fidélité doctrinale.
Car la politique ne peut pas se réduire à témoigner indéfiniment de ses convictions. Elle consiste également à construire les conditions permettant de les traduire dans les rapports de force réels.
Et c'est peut-être là que réside, à mes yeux, la principale limite de Nathalie Arthaud et de Lutte ouvrière : vouloir transformer radicalement une société dont elles peinent à intégrer pleinement les mutations, tout en participant à un jeu électoral dont elles contestent les fondements, mais dont elles peuvent paradoxalement contribuer à préserver les équilibres.
Gamal Abina